OG
durée très courte, et survenue pendant que le sujet était absorbé, soit par une lecture (Obs. 40) soit par une conversation ou par ses propres réflexions. Si nous luj disons : « Vous avez cru reconnaître le passage, que vous lisiez, la phrase que vous disiez, vos propres pensées... Mais reconnaissez-vous en même temps les circonstances extérieures ? » Le sujet répondra sans doute. « Non, je ne reconnaissais pas les circonstances extérieures» sans se rendre compte qu’à l’instant précis (si fugitif) ou se produisait le phénomène, ii n’y avait pas de circonstances extérieures. Toute sa pensée se trouvant concentrée sur un seul objet. Au moment où son attention se reportera sur le monde extérieur, il y aura bien des chances pour que l’impression se soit déjà dissipée. C’est à une distinction que A. C. a parfaitement exposée dans son autoobservation (Obs. 40).
IV. — Quelques autours, W. H. Burnham, entre autres, (1889, p. 444) ont considéré coinme rêves s’accompagnant de fausse reconnaissance des cas se présentant ainsi: Le sujet, rêve qu’il se trouve dans un lieu qui lui ('.'.t en réalité inconnu, avec des gens qu’il n’a en réalité jamais vus et cependant, tant que dure le rêve, il ne se sent nullement dépaysé, il est aussi familier avec les circonstances, les lieux et les gens que s’ils appartenaient à sa vie de chaque jour. « Je me rappelle, raconte un élève de Burnham, qu’une fois, en rêve, j’entrai chez un bouquiniste. Le lieu m’était tout à fait familier; et j’y pas" sai quelque temps à regarder des livres, et à causer avec des personnes que je connaissais. A mon réveil, je me rendis compte que. je n’étais jamais allé dans une sembla-
ble boutique. Pendant le rêve, je ne la reconnaissais pas comme un endroit nouveau dont je me souvenais, ce ne fut qu’à mon réveil. » Je traduis presque mot à mot la dernière phrase, de peur d’en dénaturer le sens. Elle est obscure, mais signihe simplement que pendant le rêvelQ ■sujet n^avait pas l’impression de fausse reconnaissance : ce rêve, est tout à fait du même genre que le suivant : « Je me souviens qu’avant de partir pour un long voyage dans lequel je devais faire la connaissance de personnes dont j’avais souvent entendu parler, dont je connaissais la vie, j’ai rêvé que je me trouvais dans ce pays, le pays sage me semblait familier. Je me trouvais au milieu de ces personnes inconnues, qui pourtant me semblaient familières. Mais en somme j’avais l’impression que je continuais une vie qui était la mienne, et non celle de repasser par un état déjà vécu. » 11 suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte que ce genre de rêves n’a rien d’exceptionnel: Il montre simplement que nous avons toujours (ou presque toujours) en rêve les sentiments en rapport avec là situation où nous croyons être. Si je rêve que j’arrive en Chine pour la première fois, je ne me sentirai désorienté. Si je rêve que je suis en Chine depuis longtemps, tout ce qui m’entoure me paraîtra familier. Chacun de nous a dû faire bien souvent des rêves de ce genre, ils n’ont rien de commun avec la fausse reconnaissance (1).
Pour que l’on puisse porter le diagnostic de fausse reconnaissance, il est indispensible que le sujet ait
1. C’est également d’un rêve de ce genre que parle l’autem’ de l’observation 79.
reconnu telle ou telle partie de son rêve, sur h moment même.
Dès lors la seule difficulté est de savoir si le sujet n’a pas rêvé réellement pendant une nuit précédente, ce qu’il croit reconnaître. — Voici il me semble la loi que l’on pourait énoncer ;
Si le sujet dit -avoir reconnu Fensemble du rêve, non les détails, ce n’est pas une fausse reconnaissance, il y a réellement eu deux rêves analogues et semblables ; — c’est un fait qui n’est point rare en particulier chez les enfants.
Si au contraire la reconnaissance a porté seulement sur une partie du rêve, nettement découpée dans le temps et si d’autre part, elle s’est étendue jusqu’à des détails infimes, très probablement, c’est une fausse reconnaissance.