BERCEUSE CRUELLE
IVIon enfant au regard candide Comme une eau dormante est perfide Ainsi que d'un jeune animal, Souvent sa caresse fait mal.
Un parfum étrange est en elle De fleur attirante et mortelle :
Mon enfant, quand elle tuera, Adorahlement sourira.
Le bourreau d'une cour d'Asie Eût adoré sa fantaisie :
Mon enfant, comme Solomé, Cruelle et douce l'eût charmé.
Mon enfant est inconsciente, Comme l'animal ou la plante :
Et par elle j'appris comment L'on peut tant haïr en aimant 1
n6 l'illusion
TWBÈTIEUSE
J'adore ces parfums des pays inconnus,
Où je crois respirer l'inconnu de ton âme ;
Et j'adore ces fleurs dont les blancheurs de femme
Me rappellent tes chairs de fleur et tes bras nus.
Dans ta beauté rêvant comme rêvent les plantes, Enfant, dont m'ont charmé les étranges pâleurs, N'es-tu pas en effet très pareille à ces fleurs, Jasmins blancs, lilas blancs, tubéreuses troublantes?
chants DE i. \Morp i: r Di LA MORT 117
CH^4cMSOcKJ G%ECOUE
ioUR De plus rien voir après toi, Après ton corps et sa lumière, D'un de tes cheveux, oh! couds-moi, Couds-moi pour toujours la paupière.
Car je veux garder ébloui, Comme en une chambre fermée, La vision dont j'ai joui, Tout un soir, ô ma bien-aimée,
La vision de ta beauté,
De ta splendide beauté nue,
Lys blanc, lys d'or, fleur de clarté,
Blanche étoile perçant la nue I
hèsitl t>e mo%i
i-'ANS la pureté de tes yeux Que nul souffle encor n'a ternie, Luit un étang mystérieux.
Où dort une paix infinie.
Dans l'étang bleu de tes yeux dort Une fraîcheur délicieuse :
Adorable serait la mort En leur clarté silencieuse!...
Mort exquise, exquise langueur 1 Oh ! ne plus penser, ne plus vivre ; En cet étang laisser son cœur, Comme un noyé qui se délivre !
cil A MTS m: i. A M 0 (J B BT DH i \ KO B C il1;
ÉCHiA'MGE <DE FLEU%S
J 'ai dans cette fleur mis mon cœur aimant, J'ai mis mes désirs, mes soupirs, mes fièvres Oh I tout mon amour, bois-le longuement, En baisant la ileur collée à tes lèvres.
Je voudrais de toi, si je te suis cher, En échange d'elle, une tubéreuse, Une fleur de rêve, et, comme ta chair, Ayant des blancheurs de morte amoureuse.
Et j'aspirerais ses parfums troublants, Et, communion exquise, embaumée, Je croirais sentir en baisers très lents Sur mon cœur s'ouvrir ta bouche fermée.
TIETE
LJes larmes coulent de mes yeux
Quand je t'adore et te contemple ;
J'ai des frissons religieux
Près de toi, comme au seuil d'un temple,
Tant est sereine ta beauté, O splendide et froide statue !
Et certains soirs, à ton côté, Je sens le vertige qui tue.
Combien donc tu dois mépriser, Marbre divin que rien ne touche, Le fol outrage d'un baiser Troublant les lignes de ta bouche 1
CHANTA mi L AU OU i< BT i> i. LA M 0 i' T 121
.4/71 TSIGtAKE
Tour me guérir d'un ancien songe, O Tziganes, jouez un air Sombre et large, où se noie et plonge Mon âme, comme dans la mer!
Faites vibrer, comme une corde, Mon âme triste, à la briser.
Je veux une chanson qui morde Avec la douceur d'un baiser;
Et me rappelle ses paroles, Et les caresses de sa voix, Puis m'arrache des larmes folles, Comme nos serments d'autrefois !
L ILLUSI ON
L<A VOIE LACTEE