‹ L'IllusionChapitre 25 sur 78 · LEGENDE HONGROISE · texte numérisé non relu

LEGENDE HONGROISE

'ne nuit, Attila, le cavalier de Dieu, Avait laissé surprendre et cerner ses armées. Le serrant, l'étouffant dans un cercle de feu, Autour de lui grondaient les forêts enflammées.

Les ennemis vainqueurs choquaient leurs boucliers : La terre au loin tonnait du lourd fracas des armes. Attila regardait périr ses cavaliers, Et ses grands yeux brûlants se rougissaient de larmes.

Ses femmes se roulaient devant son cheval noir, Et cachaient dans leurs mains leur tête échevelée. Or le vieux chef, voyant qu'il n'était plus d'espoir, S'allait, pour bien mourir, jeter dans la mêlée;

Quand tout à coup, dans l'air, une voix lui parla, Et cette voix criait : « Relève ton courage ; Fais cabrer ton cheval, je veille et je suis là; Ne vois-tu pas qu'en haut il te reste un passage? »

I] I A Moi: R I T D] ! ■

— Hourrahl au grand galop, par les immensités, Son cheval .1 bondi, secouant s.i crinière, Et les mourants, les morts, soudain ressuscites, Ardents, le glaive en main, montent dans la lumière ;

Ils vont par l'infini créer des cieux nouveaux, là balayer le mal, comme ils ont fait sur terre, Et briser, et fouler aux pieds de leurs chevaux Les étoiles, que Dieu frappe de sa colère;

Et la nuit leur armée apparaît à nos yeux, Errant toujours parmi les steppes éternelles, Car ce sont leurs chevaux qui remplissent les cieux De feux pales, avec l'éclat de leurs prunelles.

MUSIQUE HOcHJG%OISE

Enlace tes bras autour de mon cou...

Comme un chant tzigane, un chant un peu fou, Qui pleure et sourit, qui sourit et pleure, Ton désir vingt fois change dans une heure.

Inconstant toujours, le ciel de tes yeux, Sombre par moments, soudain est joyeux, Comme un chant tzigane avec des paroles Qui, tristes d'abord, tout à coup sont folles.

— Comme un chant tzigane, ainsi tour à tour Je suis ivre et souffre et me meurs d'amour, Et comprends-tu donc qu'elle t'appartienne, Mon âme, si bien la sœur de la tienne 1

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LJl STETTE HOKGTIOISE

JL n printemps rit et l'air est doux; Plus vite encore élançons-nous Au galop de nos coursiers fous, Dont frissonne au vent la crinière, Ilourrah! hourrah! dans la lumière!

Dans le vent et dans la clarté, Seuls à travers l'illimité, S'aimer et fuir en liberté, Joie ardente, ivresse profonde.

Et vive l'Amour, roi du monde!...

Au bruit de nos chevaux ailés, Des oiseaux se sont envolés...

Eh! restez donc, les affolés!

Pourquoi vous jeter dans l'espace ?

C'est un couple d'amants qui passe.

Amoureux lui-même, le vent, L'entends-tu courir en avant ?

Le vois-tu partout soulevant, Pour entr'ouvrir leurs lèvres closes, Le visage endormi des roses ?

— Mais qui s'approche par ici ?

Des Tziganes qui, sans souci, Jouent la marche de Ragoczi...

Le violon soupire et pleure :

Nous demeurons là toute une heure.

Au feu de l'enfer ces chansons!

Comme un oiseau dans les buissons, J'étais heureux : ces échansons, Avec le vin de leur musique, M'ont rendu tout mélancolique!

Pourquoi mon cœur est-il si lourd?

Est-ce de tristesse ou d'amour?

Allons ! j'en ai pour plus d'un jour Avec la poitrine oppressée Et de l'ombre dans la pensée!

Ces diables de bohémiens Ont mêlé leurs rêves aux miens, Ils m'ont parlé des temps anciens; Et comme des lèvres de femme, Leurs violons m'ont mordu l'àme!...

( il a N rS Dl i AMOUR il D] i I M 0 RT 11")

Nous tenons nos Jeux fronts baisses :

Quelle flèche nous .1 blessa

L'amour n'est-il Jonc pas assez,

Coeur insensé pris Je démence,

Pour apaiser ta soif immense r

Et rien, les steppes, les forêts, Le ciel, la mer, tous les secrets Qu'aux livres saints tu chercherais, Ne distraira Jonc la folie De ta grande mélancolie!

^LTTiÈS L'0%<AGE

J 'aime la mer comme mon âme, J'aime tes yeux comme la mer.

Parfois des caprices de femme Semblent troubler le gouffre amer ;

Et de même tes chers yeux vagues, D'un azur si tendre souvent, Ont cette inconstance des vagues Au plus léger souffle du vent.

Et mes caresses, et mes joies, Et mes songes délicieux, Brusquement alors tu les noies Dans un orage de tes yeux ;

Mais si fantasque est ta nature Que l'orage aussi dure peu, Et plus clair après l'aventure Luit et me rit ton regard bleu.

CHANTS DE L'AMOUR ii Dl LA MORT 1 IQ

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