‹ L'IllusionChapitre 30 sur 78 · VE^US VICT%IX · texte numérisé non relu

VE^US VICT%IX

Femina, dulce mal uni.

L, a femme aux faibles mains dompte le cœur des hommes : Elle courbe à ses pieds les plus fiers d'entre nous, Et son dédain sourit de ce peu que nous sommes, En nous voyant ainsi ramper à ses genoux.

Samson, vaincu par elle, est tondu de sa force, Mais reste ivre des yeux qui furent ses bourreaux ; D'autres fois sa beauté, toujours servant d'amorce, Et l'appel de sa voix font surgir des héros.

Nous la chérissons mieux, alors qu'elle nous blesse; Du mal de l'aimer trop l'on peut aussi mourir; La domination de sa chère faiblesse Est sûre d'autant plus qu'elle fait plus souffrir.

Ayant la cruauté calme d'une Immortelle, Froide, elle en a la paix dans ses yeux incléments. Inconsciente ainsi, la mer se trouble-t-elle Du raie des marins, qui furent ses amants?

CHANTS D l. i. AMni'l! ET DE LA MOI

Qu'es-tu Jonc, ô Vénus, sublime meurtrière? Quel mystère est caché dans le rythme des corps, Pour qu'un effroi s.icré se mêle à la prière Que vers toi font monter les sages et les forts >

Tour à tour inspirant les vertus et les crimes,

Gardant les appétits obscurs de l'animal,

La Grèce te disait fille de ces abîmes

Où le bien, vague encore, est indistinct du mal.

Aussi voit-on déchoir les races qui t'honorent, Péril des purs, tourment des chastes et des saints, Et des âmes périr, que les désirs dévorent Devant le marbre auguste et fflacé de tes seins!

LETf^L

i\v cygne étincelant, qui la sut embraser, Elle offre son beau corps robuste, sans comprendre Des Immortels naîtront de ce muet baiser, Et la forme d'Hélène en ce flanc va descendre.

Et, par l'étrange éclat des soirs mystérieux, C'est ainsi que toujours la stupide Matière Et la Femme ignorante ont procréé les Dieux, Sans deviner d'où leur venait tant de lumière !

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