‹ L'IllusionChapitre 32 sur 78 · RAPPELANT DES FIGURES DE BOTICELLI · texte numérisé non relu

RAPPELANT DES FIGURES DE BOTICELLI

1 ar ce maître subtil tendrement caressés, Ces longs cheveux d'or fauve, artistement tressés, Enroulés sur le front des vierges florentines, Ou serpentant légers en des nattes mutines, Ces cheveux rayonnants, épais, souples, soyeux, Forêt blonde ombrageant l'étang clair de leurs yeux, J'en admire sur vous la douceur et la gloire. Mais vos yeux d'azur pâle, en qui l'âme vient boire Même charme qu'aux leurs, même sérénité, Ont cet attrait encor de la modernité.

Or la beauté moderne est plus riche et profonde, Et les yeux d'aujourd'hui recèlent tout un monde De rêves, de pensers que ne connaissaient pas Ces vierges, dont un ange accompagnait les pas, Et guidait, fraternel, la douceur coutumière : — Et dans vos yeux sourit vers nous plus de lumière.

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Vous dont les regards purs, éclatants de lumière, Riaient comme une eau bleue aux rayons du matin ; Vous qui glissiez joyeuse en robe de satin, Blonde, longue, élancée, et si svelte et si fière,

Vous qui brilliez, pareille à l'aube printanière,

Et qui me rappeliez le fin profil lointain

Et le pâle et lucide albâtre florentin

Des vierges de Fiesole en leur candeur première ;

Vous qui m'illuminiez de l'azur de vos yeux, Et, musicale, avec des mots délicieux, Rajeunissiez mon âme et lui rendiez ses fièvres,

O lueur dans ma nuit, vous ne saurez jamais Que tout un soir j'ai bu le souffle de vos lèvres, Et que j'en étais ivre et que je vous aimais !

LES C<A%ESSES T)E Loi MUSIQUE

IVlONOTONE , triste et charmant, 11 est un vieil air de la Perse Qui t'enveloppe doucement, T'alanguit, t'adore et te berce,

Et te raconte, ô mon amour, Mon ancienne mélancolie, Avant que ta tendresse, un jour, Ne m'eût guéri de ma folie.

Les yeux ne parlent pas assez, La bouche aussi ne peut tout dire :

Par ces chansons des temps passés Je cause avec toi, je soupire ;

Et la musique sait, bien mieux Que je ne le saurais moi-même, En un baiser délicieux Te verser tout mon cœur qui t'aime !

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