‹ L'IllusionChapitre 33 sur 78 · CHANTS DE L A.MOUK ET DE LA HORT · texte numérisé non relu

CHANTS DE L A.MOUK ET DE LA HORT

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jLi a nuit d'hier était pale comme une femme; Les étoiles brillaient comme des yeux aimants, Ht leurs yeux enflammés incendiaient mon âme; La lune me couvrait de ses enchantements.

La vallée était claire, immense, pacifique ; Un souffle chaud passait, pareil à mes désirs, Et je croyais errer dans un ;'ardin magique, Où les arbres tremblaient et jetaient des soupirs.

La nuit nous ressemblait hier, ma bien-aimée; Ce ciel, c'était mon rêve illuminé par toi; Toutes ces fleurs, avec leur âme parfumée, C'étaient tous tes baisers qui se tendaient vers moi.

Amour, amour, amour, oh! par quelle magie Nous fais-tu donc parfois vivre de ces moments Où jaillissent soudain de notre âme élargie, Avec tant de désirs, tant de ravonnements ;

Où mon cœur semble battre avec le cœur du monde Et, comme lui, vibrer et palpiter si fort, Qu'exalté par la vie intense qui l'inonde, Ivre d'un pareil songe, il ne craint plus la mort;

Où, néant traversé d'une clarté divine, Je sens que la chaleur de ces grands deux d'été Est cette même ardeur qui brûle en ma poitrine Et me donne l'orgueil d'un rêve illimité,

D'un rêve où ta beauté trône comme une reine, Chassant toute ombre en moi de son éclat vainqueur, Ta beauté calme, heureuse, adorable et sereine, O pâle bien-aimée, ô lune de mon cœur?

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3 OYEZ grands, soyez forts, soyez victorieux; Soyez aimants, marchez des flammes dans les yeux. Soleil, Dieu des clartés, Dieu bon qui les pénètres, Verse-leur ton amour brûlant pour tous les êtres. — Comme le Ciel bénit la Terre nuit et jour, Homme, sur cette femme épanche ton amour; O femme, quand sa main entr'ouvrira tes voiles, Qu'il trouve en toi la paix sereine des étoiles. La vie est un tragique et sublime combat : Affrontez-le d'un cœur vaillant que rien n'abat. Soyez purs de pensée et purs en vos paroles; Pour que vos actions ne soient vaines ni folles, Craignez déjà les yeux futurs de vos enfants. A travers les douleurs avancez triomphants; Imitez les héros de l'époque première, Luttez pour la justice et la sainte lumière, Chassez le mal, chassez la nuit, semez le bien,

Resserrez toujours plus l'infrangible lien

Dont j'unis à jamais vos deux cœurs dans la vie.

Chaque soir, admirez l'assemblée infinie

Des astres, et songez, en les voyant si beaux,

Qu'il vous faut être ainsi de radieux flambeaux.

— Au nom d'Ormuzd, je vous bénis, vivez prospères,

Et transmettez la gloire et le sang de vos pères.

CHANTS DE l. AMiirii BT DE LA mort

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Voix adorable, au son d'argent, qui nous abuses, Blancheurs tendres des chairs, frissons des cheveux fins, Beautés, charmes, attraits, vous n'êtes que les ruses Dont se sert le Tyran pour atteindre ses fins!...

Despotique et jaloux, il condamne aux supplices L'enfant chaste qui lutte avec sa volonté, Et, l'affolant d'un vin plein d'amères délices, Verse en elle l'ennui de sa virginité.

Des amants exaltés de visions sublimes, Ainsi que par leur chef l'étaient les Haschischins, Sinistrement par lui sont poussés à des crimes, Exécuteurs naïfs de ses secrets desseins !

L'immortelle Beauté lui sert d'entremetteuse, La Reine triomphale au front impérieux, Qui si bien sait voiler d'une douceur menteuse Tant de rêves sanglants dans la paix de ses yeux.

Que veut-il, où tend-il en infligeant à l'âme L'atroce volupté de plaisirs infamants, Ce Maître, corrupteur de l'homme et de la femme, Qui fouette et mène ainsi le troupeau des amants?

Complice et serviteur du Destin implacable, Du Dieu vague, effrayant, qui régit notre sort, L'Amour n'a d'autre but que de peupler l'étable, Qu'impitoyablement vide sans fin la Mort.

— Êtres, surgissez donc pour le drame terrible, Où l'Amour et la Mort vous poussent tour à tour 1 Êtres, apparaissez, sortez de l'invisible, Ouvrez vos yeux une heure à la clarté du jour 1

Vivez, souffrez, aimez, inconscients des causes Qui vous font vous étreindre, ô couple des amants; Mortels, éternisez l'illusion des choses! O lèvres des mortels, échangez vos serments 1

A travers les grands bois qu'endorment les nuits molles, Sous l'incantation de la lune d'été, Pâles, extasiés, sans souffle, sans paroles, Perdez-vous, éblouis, en ce rêve enchanté !

Une heure enivrez-vous de la beauté du songe ; De vos yeux fugitifs, si peu de temps ouverts, Un moment contemplez le radieux mensonge, Partagez le désir qui trouble l'univers!

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us L'infini morne et devant les ablmei Où plongent sans etïroi vos yeux passionnés, Pour l'ivresse du moins qu'il verse à ses victimes, Pardonnez au Destin qui vous a condamnés I

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