‹ L'IllusionChapitre 34 sur 78 · CHANTS PANTHÉISTES · texte numérisé non relu

CHANTS PANTHÉISTES

kA tAnàrè Chevrillon.

HYMKE <ÂU SOLEIL

v-/ Soleil! le premier et le dernier des Dieux,

Qui tiens sous ton amour la Terre frémissante,

Vêtu de pourpre et d'or, Roi toujours radieux,

O Soleil I je te chante.

Ancêtre des humains, Père, je te bénis. Sur nous tous, tes enfants, ta gloire se déploie, Et tes fils les plus vieux se sentent rajeunis, Quand se répand ta joie.

Le temps ne peut ternir la splendeur de ton front ; Tous les Dieux sont tombés, et toi seul tu demeures, Et les rochers, les mers, les forêts passeront, Pcre, avant que tu meures.

Comme l'amante heureuse en les bras de l'amant, La Terre te contemple et tressaille féconde, Et c'est par tes baisers et ton rayonnement Que tout naît dans le monde.

C'est par toi qu'ont fleuri les mornes océans, due les palmiers un jour ont germé sur les îles, Et par toi que sont nés, dans la suite des ans, Les beaux chênes tranquilles;

C'est à ton clair appel qu'ont paru les troupeaux Dans le royaume vert des feuilles et des herbes, Et que l'homme a soudain parmi les animaux Levé ses yeux superbes;

C'est de toi que tout vient, la forme et la couleur, Et le soir déroulant le calme de ses lignes, Le regard de la femme, et l'âme de la fleur, Et la blancheur des cygnes.

Sans fin tu reproduis l'éclat des renouveaux, Et dans les arbres morts fais remonter la sève; C'est toi qui fais aussi germer dans nos cerveaux La pensée et le rêve;

Et tes chaleurs sans fin, réveillant les désirs, Appellent vers l'amour les hommes et les bêtes, Et tes enfants ainsi partagent tes plaisirs, Tes ardeurs et tes fêtes.

O Soleil, je t'implore ! ô Maître, écoute-moi ! Fais couler à longs flots ta clarté dans mon âme, Pour que je sois aimant, lumineux comme toi, Et pur comme ta flamme 1

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