‹ L'IllusionChapitre 35 sur 78 · C II AMIS !> ANT1I · texte numérisé non relu

C II AMIS !> ANT1I

O Soleil ! créateur des esprits et des corps, Père de la musique, auteur de la lumière, Enseigne-moi le rythme et les divins accords Qui font l'Ame plus fière,

Et donne-moi ta joie et tes larges amours, Inonde tout mon cœur de ta force infinie, Et, mort, fais-moi revivre en de calmes séjours Où replie l'harmonie !

IVEKTITÉ

n même désir vague au cœur de toutes choses, Certains soirs, vient troubler les femmes et les roses ; L'homme, la bête et l'arbre ont les mêmes secrets ; La sève est un sang pâle aux veines des forêts. La flamme du divin soleil est cette flamme Qui fait la passion brûlante de mon âme. Une même clarté rit dans l'astre et mes yeux. Les cieux rêvent par moi, comme je vis par eux; Et l'homme a cet orgueil qu'un jour s'est condensée Leur conscience encore obscure en sa pensée. — Je pourrais dire aussi, comme le sage hindou : J'ignore qui je suis, je viens je ne sais d'où; Mais la chair des soleils, mais leur âme est la mienne ; Rien d'eux, esprit ou sang, rien qui ne m'appartienne ; Un même esprit circule en l'univers et moi : Le rythme est dans mes chants identique à la Loi Qui fait s'ouvrir la fleur et fait danser l'étoile. J'ai vu l'identité que la Maïa nous voile ; Et ce monde, où l'enfer se mêle au paradis, C'est mon être et mon rêve à l'infini grandis.

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METEMPSYCOSE

x r. nuit, mon ame a quitte son corps : Oh ! la nuit d'avril, oh I la nuit vibrante, Pleine de frissons, de bruits et d'accords 1 Une nuit d'avril, je me suis fait plante.

Dans les profondeurs du sol maternel J'ai plongé si loin toutes mes racines, J'ai senti passer l'amour éternel Aux muets baisers des plantes voisines.

— Mon cœur s'est ouvert et s'est répandu, Une heure, un instant, à travers les mondes: Une heure, un instant, je me suis perdu, O Vie infinie, au sein de tes ondes !

IÔ2 l'illusion

%,ÊVE%IE T^t^THEISTE

Joxge d'un soir d'été, de caresse infinie :

Se perdre dans le large océan de la vie,

Et, dans ses flots noyé, bientôt ne plus sentir

Que la lente douceur de s'y fondre et mourir!...

Rêver que l'on est fleur, plante, l'oiseau qui vole,

Ou le vent, ce vent chaud qui passe, et, pour parole,

Qu'on a son chant qui berce et son baiser qui fuit...

Etre cette forêt qui, vaste sous la nuit,

Frissonne par un souffle immense traversée!...

Etre l'arbre ignorant le mal de la pensée;

Ou le grand ciel laiteux, droù s'épanche en clarté

L'innombrable baiser des étoiles d'été!...

Être la mer qui bout toujours, crée et fermente!...

Devenir toute chose où tremble une âme aimante,

De l'herbe qui palpite à l'étoile de feu!...

Sentir en soi s'ouvrir le cœur vatrue d'un Dieu 1

CHANTS PANTHEISTES 163

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