‹ L'IllusionChapitre 57 sur 78 · LJL MO%T T>U CH%IST · texte numérisé non relu

LJL MO%T T>U CH%IST

1 u voulais nous conduire à l'immortalité; J'ai pleuré ta défaite et pleuré la clarté De ces grands deux, promis par tes lèvres divines A tous ceux dont le front saigne sous les épines, A tous ces affamés de justice et d'amour, Qui, sûrs de toi, croyaient, ô Christ, aller un jour Te rejoindre vainqueurs dans l'immense lumière! Ainsi plus rien, hormis l'insensible Matière. Nous avions trop rêvé. Trop longtemps, sur ta foi, Les justes avaient cru que l'Esprit était roi; La Mort triomphe et se rit d'eux, la Mort est reine, Et mêle dédaigneuse à la poussière humaine Ta sublime poussière et ton divin néant! — Et nous, qu'allons-nous donc devenir maintenant, Maintenant que nos cœurs ont douté de leur âme, Que l'enfant raille aussi lorsqu'on parle des Dieux, Et qu'il ne reste plus sous le vide des cieux Que l'animalité de l'homme et de la femme?

SU% LA TLAGE

.L'Océan, cuve d'or où le ciel se reflète,

Recèle un peuple entier de morts au blanc squelette,

Dont nul ne reverra ce tremblement vermeil

Des flots incendiés, le soir, par le soleil.

Or, tout est plein ainsi de mort et de mystère,

Les flots comme les cieux, les cieux comme la terre :

Et je rêve parfois à tous ces naufragés,

Hommes, soleils éteints, univers très âgés,

Disparus, engloutis, oubliés dans l'espace;

Ma pensée, un moment, tel un éclair qui passe,

Illumine soudain ces grands fonds ténébreux...

Et je songe à nos vains espoirs des jours heureux.

Il KL' Ri: S SOMBS 267

VIEILLES G%^4VUTIES

Dymboles qu'a graves un maître d'autrefois : Pour figurer le rythme et la beauté des lois, Qu'au fond de l'univers nos regards ont cru lire, La Physique médite en jouant de la lyre. L'Astronomie aussi tient un luth, dont les sons Rappellent des cieux clairs les sublimes frissons ; Mais, symbole effrayant, près d'elle la Science, Un crâne dans la main, ^inistrement s'avance.

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'DEV^'KLT L<A MELANCHOLIA T>'<AL\BE%T T)U?iE%

LtA Melancholia médite solitaire, Le visage en sa main, cependant que le soir, Triste comme elle, étend son ombre sur la terre, Et qu'au loin le soleil s'éteint dans un ciel noir.

Que bâtit-on près d'elle? Est-ce un grand monastère Pour une foi qui meurt, ou bien quelque manoir, Dont les canons, un jour, feront de la poussière? Le ciel est morne et froid comme un cœur sans espoir.

La Melancholia, songeant à ce mystère

Qui fait que tout ici s'en retourne au néant,

Que rien ne peut durer de ce qu'on va créant,

Et que partout nos pieds foulent un cimetière, Se dit : « Puisque ainsi tout se doit anéantir, Que sert-il de fonder encore et de bâtir? »

HEURES SOMBRES 26y

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