‹ L'IllusionChapitre 65 sur 78 · ATAVISME · texte numérisé non relu

ATAVISME

Li a chair commande en nous dès que l'âme sommeille ; Quand l'homme en nous s'endort, la bête se réveille : Ame débile à qui tous les sens font la loi, Les besoins animaux sont trop maîtres de toi. Vestiges infamants d'un long passé plein d'ombre, La chair a ses désirs impurs, ses rêves sombres; La chair obéit trop à de sinistres voix : Si bestial rampait naguère au fond des bois Le faune, aïeul obscur de nos races humaines! Et nos lubricités, et le choc de nos haines, Nos besoins carnassiers, nos vices monstrueux, Tant de sales péchés qui s'attirent entre eux, Sont, instincts mal domptés encor par les lois saintes, Les fureurs d'un vieux sang qui ne sont pas éteintes.

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CR.I3CES VoiMOUX

vJl-and pales, éperdus, nous tenons embrassées Celles qui transmettront nos corps et nos pensées, Nos âmes, nos vertus, l'héritage du mal, Et les instincts pervers de l'antique animal, Je ne sais quel effroi se mêle à nos caresses. L'homme est triste parfois, sortant de ces ivresses, Comme s'il ressentait quelque vague remords D'éterniser ainsi tous les péchés des morts... Aussi, pour que pas un n'hésite, la Nature Prévoyante, et qui veut que l'humanité dure, A-t-elle soin, tranquille en ses secrets desseins, D'allumer la fureur et la fièvre en nos seins. Alors inconscients, ivres, dans la folie Et l'atroce plaisir du baiser qui nous lie, Au crime d'enfanter des âmes condamnés, Nous évoquons le cher troupeau des nouveau-nés.

LLUSION

OU%^lGoitM cN^OCTU%cKJE

Lies vagues se cabraient comme des étalons Et dans l'air secouaient leur crinière sauvage, Et mes yeux, fatigués du calme des vallons, Voyaient enfin la mer dans une nuit d'orage.

Le vent criait, le vent roulait ses hurlements, L'Océan bondissait le long de la falaise, Et mon âme, devant ces épouvantements Et ces larges flots noirs, respirait plus à l'aise.

La lune semblait folle, et courait dans les deux, Illuminant la nuit d'une clarté brumeuse; Et ce n'était au loin qu'aboiements furieux, Rugissements, clameurs de la mer écumeuse.

— O nature éternelle, as-tu donc des douleurs? Ton âme a-t-elle aussi ses heures d'agonie? Et ces grands ouragans ne sont-ils pas tes pleurs, Et ces vents fous, tes cris de détresse infinie?

Souffres-tU donc aussi, Mère qui nous as faits? Et nous, sombres souvent comme tes nuits d'orage, Inconstants, tourmentés, et comme toi mauvais, NOUS sommes bien en tout créés à ton image I

SOI% cD'<AUTOMcK,E

Li e printemps m'a jeté des vers, Les oiseaux m'ont jeté des rimes; Le grand vent dans les arbres verts M'a soufflé des rythmes sublimes.

Sous l'été brûlant, tout le jour, Vers le ciel j'ai tendu mon âme Afin qu'elle s'emplit d'amour Et s'incendiât à sa flamme.

Mais les rouges soleils du soir M'ont versé leur mélancolie, Et l'automne, son désespoir, Et la mer folle, sa folie.

Il BURES So.MltRES 30I

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