OSSU^IXE
v-^es os, alors que nous vivions, Portaient des corps de gentilshommes Ce que vous êtes, nous l'étions; Vous serez tout ce que nous sommes.
Voici les sages près des fous; Plus de brune ici ni de blonde ; Vous qui passez, regardez-nous :
C'est le dénouement de ce monde.
Belles au bras de vos amants, Qui marchez en riches toilettes, Tournez ici vos yeux charmants, Venez contempler nos squelettes.
La Vie a besoin de l'Amour; C'est le pourvoyeur de ses fêtes...
Amants, baisez-vous vite : un jour, La Mort séparera vos têtes.
TTi.ESSEIsLTIME'K.TS
L> e vent de l'infini pousse et berce la terre : Aimons, le jour fait place aux langueurs de la nuit; Sous les deux étoiles, effrayants de mystère, Le grand vaisseau poursuit sa route et va sans bruit.
Aimons, je ne veux plus penser : dès que je pense, Je sens, comme un marin, que j'ai là sous mes pas, Tombe ouverte toujours, l'horreur du gouffre immense, D'où mon cadavre, un soir, ne remontera pas.
— Nous contemplons l'espace, et, tandis que la lune, Cette morte au cœur froid, illumine nos fronts, Nous frissonnons, saisis d'une angoisse commune, Comme deux condamnés à mort, et nous pleurons.