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ACHILLE DEVÉRIA

Ce sont les portraits de Racine, de Mme de Sévigné, de Corneille, de Descartes.

Mentionnons aussi les belles aquarelles de la Translation de la Vierge, Périclès chez Aspasie, une Descente de croix, Torquato Tasso -présenté à Elisabeth d'Autriche, etc., sans compter les innombrables illustrations qu'il sema dans les plus fameuses éditions de l'époque.

N'oublions pas encore les vitraux si intéressants que l'on exécuta d'après les cartons de l'artiste et qui figurent à Versailles.

Eugène Devéria nous laisse une œuvre de dessinateur bien moins importante que celle de son frère ; c'est plutôt comme peintre qu'il se fit remarquer.

Seulement, mêmes triomphes, mêmes déboires pour tous deux, même griserie de succès et même amertume au déclin de la vie.

A peine sorti de l'atelier d'Hersent, Eugène peignit un grand tableau intitulé la Naissance de Henri IV, qui lui valut à l'exposition de 1829 la place d'honneur.

Devéria entra dans la gloire, dès lors, avec un succès indescriptible.

On dit même que ses camarades dans l'extase, après un discours prononcé en l'honneur de l'artiste, brisèrent, en les jetant par les fenêtres de l'atelier, tous les moulages d'après l'antique qui s'y trouvaient, sacrifiant ainsi à leur nouveau dieu.

Quelle précocité en effet dans le talent ! Quelle haute intuition de la composition, avec, à la fois, les fermetés et la sincérité d'un dessin correct et le sentiment inné de la couleur !

La Naissance de Henri IV fut achetée aussitôt par le roi, qui l'offrit au

musée du Luxembourg. Nous pouvons aujourd'hui admirer ce tableau au Louvre.

C'est avec les ressources que ce tableau lui procura que Devéria se paya un remplaçant comme soldat.

Puis l'artiste fut bientôt assailli de commandes, au grand désavantage de Delacroix, qu'on délaissa un moment.

Vint alors la fin de toutes ces splendeurs, la chasse au portrait, toute la décrépitude d'un talent gâté par le succès.

Les tableaux brossés hâtivement, vendus à des prix variant entre dix et vingt francs, puis le dégoût, les rancœurs de toute une belle existence gaspillée, au milieu de l'indifférence de tous...

Eugène Devéria, abandonné par ses admirateurs, se réfugia en province, où il mourut. 11 s'était fait prédicateur protestant.

Nous remarquons encore Français, le célèbre paysagiste, qui compta à ses débuts parmi les plus grands lithographes. Cet artiste a dessiné des planches d'après Rousseau, qui dépassent les plus belles eaux-fortes de Ruysdaêl.

Puis Mouilleron, qui apparaît au déclin de la lithographie, qu'il a pour ainsi dire inventée. Il la fait participer à la fois de la peinture et du pastel. Grâce à la découverte de Mouilleron, les artistes sont désormais fidèlement reproduits.

Jean Gigoux, celui que l'on nomma le doyen des peintres, mérite toute notre attention également par les illustrations remarquables qu'il fit de Gil Dlas pour l'éditeur Dubochet.

Nous devons encore à cet artiste les portraits de Barrye, Delaroche, Siga-

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Ion, Delacroix, Alfred de Vigny, etc., sans compter un grand nombre de paysages.

Citons encore Wattier, puis un des maîtres du genre, d'un talent char-

Dessin de A. Devéria (librairie Flammarion).

mant, fin et rare, qui marquait toutes ses compositions d'un coin exquis d'originalité : nous avons nommé Célestin Nanteuil. Célestin Nanteuil était né à Rome en 1813, de parents français. En 1827 il entrait à l'atelier de Langlois, et dix ans plus tard chez Ingres. Le romantisme l'attira l'un des premiers, et il illustra de gravures à l'eau-forte les œuvres de Victor Hugo,

les drames d'Alexandre Dumas, les poésies de Théophile Gautier, les romans de Pétrus Borel et d'Alphonse Royer. Nanteuitse trouve admirablement résumé dans son œuvre et dans sa personne par l'épithète que Théophile Gautier lui décocha spirituellement, « le jeune homme moyen âge ». Les lithographies dont il orna la musique d'Hippolyte Maupou, — les

Dessin de A. Devéria (librairie Flammarion).

romances célèbres de Avez-vous vu dans Barcelone? et Adieu mon beau navire, de l'opéra des Deux Reines, sont d'un sentiment exquis et d'un charme frais et neuf.

Prenez un dessin de Nanteuil, et vous serez vivement frappé de la simplicité des moyens avec lesquels il vous charme. Ce sont de simples oppositions de noir et de blanc, une sorte de brutalité inanalysable faite de lumière éblouissante et d'ombre, à travers laquelle vous discernez des formes peu

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