‹ L'illustration et les illustrateursChapitre 17 sur 63 · RAFFET · texte numérisé non relu

RAFFET

Raffet, dont l'œuvre de dessinateur l'emporte sur celle de peintre, naquit à Paris en 1804 et mourut à Gênes en 1860.

Dès le berceau, les jeux militaires le passionnèrent. Il griffonne partout des soldats, des batailles, dans tout le pêle-mêle de sa jeune imagination.

Malheureusement la fortune ne lui sourit pas à cette époque où son cerveau s'éveille : à neuf ans, son père, modeste employé des postes, meurt tragiquement, assassiné dans le bois de Boulogne, et le gain de la mère devient insuffisant. L'enfant est subitement obligé d'interrompre ses chères études de dessin, en pleine ardeur, l'âme tout émue encore des premières lueurs entrevues.

Trop jeune pour choisir un métier, Raffet entre chez un tourneur en bois comme apprenti, où il débute par la fabrication des bâtons de chaise.

A dix-huit ans il abandonne joyeusement son patron, sollicité qu'il était par M. Cabanel, peintre décorateur sur porcelaine, pour lequel il travaille en qualité d'élève.

Dès lors le jeune homme semble se rendre un compte plus exact de l'art qu'il perçoit peu à peu ; des promenades fréquentes dans des musées achèvent d'éveiller son imagination, si bien préparée il est vrai. — On pourrait donc gagner sa vie en produisant de si belles choses! — Dès lors la vocation de Raffet s'était révélée, dégagée aussitôt de toute indécision.

Nous ne dirons pas les privations et les assauts de misère de toutes sortes contre lesquels cet artiste lutta; avec cette ferme volonté de réussir, il rêva de créer des chefs-d'œuvre à l'égal de ceux qu'il avait tant admirés.

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