‹ L'illustration et les illustrateursChapitre 19 sur 63 · BIDA. — MEISSONIER. — BERTALL, ETC · texte numérisé non relu

BIDA. — MEISSONIER. — BERTALL, ETC

Bida est une des gloires les plus pures de l'art de l'illustration.

Ce grand artiste nous laisse des œuvres de belle imagination, moins fantastiques, émanant d'un cerveau moins abondant que celui de Gustave Doré, mais dans lesquelles les qualités du dessin sont bien supérieures à celles de l'illustrateur de la Divine Comédie.

Bida naquit à Toulouse en 1813.

Dès son jeune âge on le confia aux excellents soins de son oncle, Régis Bida, un prêtre excellent, doublé d'un érudit, qui suivit avec attachement son élève dans ses études au séminaire.

En 1831 Bida retourna auprès de sa mère, à Toulouse, où il donna des leçons de grec et de latin, langues qu'il possédait à fond.

On retrouve les traces de cette éducation religieuse très soignée, de cet amour des lettres qui n'abandonna jamais le grand artiste, dans presque toute son œuvre. Les scènes de la Bible, si bien faites pour tenter son

crayon, ces pages vibrantes de sainteté, sont d'une justesse d'expression et d'un sentiment toujours exact, classiques un peu, d'un art parfois sévère, mais d'une originalité évidente et d'un beau caractère.

En 1835 Bida, fermement décidé à suivre ses aspirations, entra chez Delacroix, dans l'atelier duquelil travailla avec acharnement. Peu de temps après, devenu un des meilleurs élèves du maître, nous le retrouverons parmi les plus habiles lithographes de son temps : les Français, les Mouilleron, les Devéria...

Cependant, le jeune homme n'avait pas encore trouvé sa véritable voie ; il revint à son pays natal, où il se maria. En 1843, Bida laissa sa femme à Toulouse pour aller faire à Venise un voyage de quelques semaines... ou de quelques mois,... il n'était pas exactement fixé; au reste, qui pourrait prévoir la durée d'une admiration d'artiste?

Effectivement Bida, émerveillé, se laissa entraîner par des amis vers d'autres merveilles entrevues, et il partit pour l'Orient, où il resta... près de dixhuit mois... 11 avait oublié sa femme!

L'artiste revint enthousiasmé de ce voyage, vivement impressionné par le côté religieux de ces pays, fort bien préparé qu'il était, du reste, par les traditions pieuses qu'on lui avait inculquées. Dès ce moment la véritable vocation de Bida se dessine.

Dans le grand talent d'orientaliste que Bida nous montre, nous ne sentons guère l'influence de son maître Delacroix; Decamps paraît le retenir davantage, malgré, cependant, une note bien individuelle. D'un sentiment élevé, d'un dessin très serré, d'une exactitude scrupuleuse dans les costumes, les productions de l'artiste, depuis cette époque de révélation, le placent au premier plan et affirment sa maîtrise.

Bida visite ensuite Constantinople et la Syrie, d'où il rapporta des études et des croquis remarquables.

C'est l'époque d'un acharné labeur : il produisit peu cependant; très exigeant pour lui-même, il travaillait lentement et sûrement. L'art auquel il

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