‹ L'illustration et les illustrateursChapitre 38 sur 63 · RIOU · texte numérisé non relu

RIOU

Citons encore Y Hôtel des Haricots, livre humoristique basé sur la prison de la garde nationale, puis Napoléon le Petit et les Châtiments de Victor Hugo, et une foule d'illustrations pour les journaux qui semblent avoir absorbé le meilleur de son œuvre.

La manière de Morin, quoique très proche de celle de John Guilbert, était pourtant bien propre à l'artiste .

11 dessinait au trait, qu'il soutenait ensuite avec des touches de lavis, ce qui donnait à ses compositions une physionomie particulière.

Quand on gravait Morin, c'était presque du fac-similé avec un peu de teinte cependant; si, du reste, l'interprète de ses dessins n'avait pas été complètement l'esclave du moindre trait de crayon de l'auteur, il n'en fût rien resté.

Le dessin de Morin, en effet, était plutôt spirituel que savant, et la moindre initiative de la part du graveur, la rectification même d'une hésitation de l'artiste, eût compromis entièrement l'aspect de son œuvre.

Pendant vingt ans Morin exécuta un dessin important par jour. La fatigue du cerveau exigée par cette facilité surabondante devait un jour terrasser l'artiste, qui mourut à Sceaux.

Morin, par une fatalité pénible, ne fut pas décoré; cette distinction légitime, que le malheureux artiste réclama dans ses dernières années avec une insistance presque incroyable, ne lui fut pas accordée.

C'est sous le poids de l'injustice de ce sort qu'il succomba. « Morin ne serait pas mort, nous dit un de ses intimes, si on lui eût attaché sur la poitrine le ruban rouge qu'il convoitait. »

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