GODEFROY DURAND
Godefroy Durand compte également parmf les plus heureux illustrateurs de notre époque.
Les dessins de cet artiste sont très répandus; ils captivent aussitôt par la facilité de leur arrangement et la souplesse de leur exécution. Né à Dusseldorf en 1833, Godefroy Durand vint à Paris dès l'âge de trois ans, et jamais il ne retourna dans son pays natal. Très Français de cœur, ce dessinateur peut être considéré comme un des nôtres.
L'artiste avait débuté à Paris dans des conditions bien curieuses. Il nous raconte qu'en 1848 (il avait à peine quinze ans) il avait obtenu un succès
assez vif en sculptant des marrons d'Inde qu'il ramassait en se promenant au jardin du Luxembourg. Celle sculpture d'un nouveau genre mit pendant quelque temps le jeune homme à l'abri du besoin.
« Mon premier marron, nous dit Godefroy Durand, représentait le portrait-charge de Louis-Philippe... »
Puis, l'invention de petites têtes similaires modelées en pâte vint con-
Dessin de Godefroy Durand, extrait des Grandes Époques de la France (librairie Ch. Delagrave).
trarier ces heureux moments, et l'artiste, peu fortuné, chercha une autre voie. Ce fut dans la lithographie et dans la chromolithographie que Godefroy Durand la trouva d'abord; mais l'occasion qui lui vint de faire des dessins sur bois révéla ses véritables facultés.
Les premiers dessins de l'artiste parurent dans le journal l'Ami de la maison ; il reçut des directeurs de cette publication un accueil très bienveillant, qui le fortifia aussitôt pour la lutte. Bientôt les éditeurs les plus en renom recherchèrent son talent. Godefroy Durand fit pour la maison
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pour la maison Hachette, il exécuta de nombreuses compositions pour le Tour du monde, ainsi que pour un livre intitulé Tom Brown School day.
Le Monde illustré, Y Illustration, sollicitèrent successivement le crayon de l'artiste, qui prodigua là, pendant de longues années, sa grande facilité et la rapidité de ses moyens.
Après une longue collaboration à toutes les grandes publications de France, Godefroy Durand, très convoité par le Graphie, part pour Londres, où il reste vingt années au service de ce journal. L'actualité surtout l'attire, et l'on peut dire que les grands faits qui se passèrent en Angleterre pendant ce long séjour de l'artiste furent tous reproduits par lui.
Godefroy Durand a peint, mais fort peu ; l'illustration revêt une forme plus captivante sans cloute pour lui ; la reine d'Angleterre possède cependant des aquarelles et des toiles d'une facture intéressante et d'une couleur agréable. Ces œuvres représentent des sujets officiels, des cérémonies royales, etc.
Godefroy Durand est depuis peu de retour en France, son pays d'adoption ; il vient chercher de nouveau à Paris la continuation de ses succès. Il nous dit tout le plaisir qu'il éprouve à se retrouver parmi nous, peu charmé de l'existence anglaise, mal en rapport avec ses goûts et son caractère.
Godefroy Durand est mort à Paris, quelques jours après la visite gracieuse qu'il nous avait faite.