FÉLIX PHILIPPOTEAUX
Philippoteaux est un des plus grands noms de l'illustration. Nous laisserons de côté le peintre pour ne nous occuper que du dessinateur. Qu'il nous suffise de dire que l'artiste, dans les deux genres, excella, et que peut-êlre il doit la meilleure partie de sa célébrité à l'illustration, dans laquelle il a laissé des pages admirables.
Ses dessins sont des tableaux; la composition en est d'une science irréprochable, l'effet sûr, et les qualités de la plus scrupuleuse observation se joignent dans son art au sentiment très exact de la scène qu'il traite.
Le talent de Philippoteaux se complaît à la représentation des batailles; il a dessiné toutes les époques avec la même exactitude. Les costumes sont bien reconstitués, et les moindres détails dans l'armement sont justes, ainsi que les forts, que les moyens de défense des époques les plus lointaines.
11 fut un des maîtres que préférait de Neuville; l'influence même de
Philippoteaux se fit très sérieusement sentir aux débuts de de Neuville. Mais chez ce dernier artiste la vigueur fut plus grande, l'interprétation plus nerveuse; il sut animer davantage ses personnages, tout en s'inspirant de la maîtrise de Philippoteaux, tempérée par une science plus pure, mais peut-être un peu froide.
Philippoteaux a produit énormément, pour toutes les grandes maisons d'édition. 11 avait commencé à dessiner pour le Journal pour tous, puis pour l'éditeur Hachette dans le Consulat et l'Empire de Thiers, avec de Neuville, et dans Y Histoire de France de Henri Martin, etc.
Toutes les productions de cet artiste sont des reconstitutions patientes, d'un haut intérêt, bien inspirées des temps passés; ce sont des documents.
C'est M. P. Philippoteaux, le fils du dessinateur qui nous occupe, qui dut continuer les illustrations de Y Histoire de France de Guizot, commencées par A. de Neuville. 11 s'acquitta de très heureuse façon de cette tâche périlleuse.