SCENE VIII
L'ILOTE, CHRÊMES, LÉANDRE.
Chré.mès amenant Léandre , qui le suit, timide, la tête basse.
Maintenant, à l'école !
Mon neveu, bon ilote!... il est un peu troublé; Je l'ai trouvé fourré dans le grenier à blé.
Bien!
LÉANDRE
J'ai grand'peur, mon oncle.
Chrêmes.
Hein! mon neveu, regarde Ce nez gros de rubis, cette mine hagarde. Elle te fait horreur... Voyons, ilote, un coup! Comment le trouvez-vous?
Il m'en faudra beaucoup.
Cher hôte, car mon cours tout à peine commence.
Chrêmes.
Et comment trouvez-vous l'amphore ?
Elle est immense.
Mais je ne la crains pas.
Chrêmes.
Bon ilote, buvez!
J'ai mieux encor : cinq ou six flacons réservés, Que jadis mon aïeul enterra dans le sable. Ils sont pour vous!
Ah! dieux! qu'il est donc haïssable De tant boire !
Chrêmes.
Buvez... Diantre! il ferait beau voir Que vous ne buviez plus ! Boire est votre devoir. Buvez sans marchander, on paiera vos services , Et donnez-nous l'exemple affreux de tous les vices !
l'Ilote , modestement.
J'en ai même inventé deux ou trois de nouveaux.
Chrêmes.
C'est au mieux !
LÉANDRE, à part.
Le bourreau 1
Commençons nos travaux.
Volontiers.
Chrêmes, à part.
Voyons comme il s'y prend <.
(// s'assied. Léandre reste debout de l'autre côté de la scène. L'Ilote, les mains à plat sur la table, a la pose et le ton d'un conférencier.)
La ciguë Se révèle d'abord rien qu'à sa feuille aiguë ;