PIEUSE
Ah ! qu’esl-ee que Je vols lâ ?
(Madeleine s'enfuit par ta porte à droite, qui est restée ouverte, et qu'elle referme après elle.)
LE baron, entrant après Pierre.
Qu’y a-t-il donc?
.’ Plt.UUR.
Madeleine, ma fiancée, celte que vous voulez absolument me faite épouser pour mille livres...
sck ni; xii.
LE BAROH, avre impatience.
Eh Lieu?
• pierre.
O monsieur l’em bradait.
LE BAROH, avec colère.
Lui ?... Léopold !...
i'lIBBE.
Lui-même; je l’ai vu.
LE BAROH, bas à Pierre, le calmant.
Allons, lais-loi... Je le donne quinze cents francs.
PIERRE
Ah!... A la bonne heure!
LE baroh, à Léopold.
Ah ça 1 mon cher ami, tendre Céladon, beau ténébreux, qui deviez éternellement pleurer voire bergère... il me semble que les nôtres vous ont bien vite consolé, et que, malgré votre douleur, vous vous permettez...
LÉOPOLD
Êpargnez-moi, monsieur le baron, des railleries qui ne peuvent m’atteindre, cl qui seraient sans but... Je ne nie point l’émotion que j’ai éprouvée à la vue de cette jeune fille... Vous-même en connaissez la cause... Mais, quel que soit l'intérêt que je lui porte ou l'affection qu’elle m’inspire, cela ne me fera pas rester un jour de plus dans ce pays, et, décidé à partir, je faisais mes adieux A Madeleine... avec sa permission.
PIERRE
Ah! dame! si «'étalent des adieux... r’est différent, parce que les adieux... ce sont des circonstances...
LE RAROH.
Atténuantes... tu le vois bien.
pierre, a Léopold,
Alors, excusez, monsieur...
LE BAROH, a Léopold»
Oui, mon cher, pardonnez-nous d’avoir eu, nn instant, des idées... et de vous avuir supposé des intentions... Cela arrive & lout le monde...
LÉOPOLD
Je n'en ai pas d’aulies que de continuer ma roule...
LE BAROH.
Aujourd'hui ?
LÉOPOLD
A l’instant même!
LE BAROH.
Permettez... permettez! j’ai votre parole, et j'y liens beaucoup, pour moi et pour ma femme, que j’attends demain ou après. Vous m’avez promis un portrait de la marquise, et nous ne trouverons jamais une pareille occasion.
LÉOPOLD
C’est possible ; niais, je vous l'avoue, ce projet, qui m’avait charmé ce matin, me sourit beaucoup moins maintenant... ci j’y suis peu disposé.
LE RAROH.
Cria vous viendra ! il ne s’agit qnc île commencer.
LÉOPOLD
Et puis, Je n'ai rien de ce qu’il me faut... rien pour peindre... J'ai laissé ma boite à couleurs à l'auberge où je suis descendu, A la Pomme de Pin.
LE BAROH.
Chez le père de la grande Marianne... On va vous l’aller chercher. (A Pierre.) Pierre, cela te regarde... va vite et reviens.
PIERRE
Oui. monseigneur, ce ne sera pas long.
(Il son.)