SCÈNE III
Laisse donc !
MADELEINE, pleurant.
Ah! que oui... Je le paierai... ma tante me l'a dit ., et ça n’est pas juste, car c’est vot’ faute... mon bon Dieu !
LE BARON
Eh bien ! voyons, ne pleure pas. Qu'est-ce qu'il le faut?
MADELEINE, essuyant ses yeux.
Vingt sous, mon doux seigneur, et je vous aimerons bien ?...
LE BARON, riant.
Vingt sous!.. . Est-elle juive, la petite Bretonne!... Pour ce prii-là, dans le pays, on aurait trois ou quatre jattes de lait...
MADELEINE
Dame!... quand c’est un grand seigneur qui cause le dommage, c’est plus cher...
LE BARON
Il y a un tarif? Eh bien, soit !... à condition...
MADELEINE
Pas de conditions. . Je veux mes vingt sous!
LE BARON, cherchant & lui prendre la main.
A condition que tu m’éronterns... et que tu seras moins effarouchée. Que diable!... on paiera le dommage, s'il y en n...
MADELEINE
Je n’écoute rien. Mes vingt sous! il me les faut !...
Léopold, se levant, arec impatience.
Tes vingt sous .. Tiens! tiens!... el t.ils-»oi I MADELEINE, regaidani ce que hil a donné
Vingt sous en or!... mon beau seigneur... un jaunel ! Que vous faut-il pour eela?
LÉOPOLD, bi usqurmrnt.
Rienqucton silence... Tnis-toi... ne parle pas!... (Musique. — Madeleine se lient debout et tout étonnée. — Le baron reste uii peu A l'écart. — Léopold contemple quelques iu>iaiM la Jeune fille avec émotion et douleur, fait un pas vers elle en lui tendant les bras, et va pour lui parler ; mais il s’arrête , cache sa téta dans scs mains , fond en larmes et s'enfuit.)