REPRÉSENTATIONS ET PERCEPTIONS ÉVOGATRICES
à-dire si on la montre ou si on l'expose directement à la vue de l'animal. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, la réaction motrice a lieu en interrompant la sécrétion salivaire, et il faut bien faire remarquer qu'elle est toujours dirigée. Zéliony, Zavadsky, Orbéli et d'autres, ont parlé delà gloutonnerie de certains de leurs animaux d'expérience chez lesquels la vue de la poudre de viande ou de tout autre aliment provoquait des bonds furieux, des réactions motrices irrésistibles. Zéliony entre autres, relatant une de ses expériences, fait la remarque suivante : « Point à noter : la vue et l'odeur des substances alimentaires excitaient « Tchorny » (l'animal), à tel point, qu'il s'élançait hors de l'établi et se mettait à aboyer; nous fûmes donc hors d'état de préciser la quantité de salive écoulée durant ce laps de temps. »
Cependant, ni cet auteur, ni les autres élèves de Pavlov, n'ont jamais mentionné de cas où de semblables réactions auraient accompagné telle ou telle excitation d'autres organes sensoriels en interrompant la sécrétion salivaire. Ils ont parfois signalé une certaine inquiétude, une certaine agitation : tressaillements des narines, mouvements de la queue ou des pattes, mais en général non dirigés, mouvements sans but le plus souvent, pouvant signifier l'impatience,
la surprise ou l'agacement, mais n'interrompant nullement la sécrétion.
Il ne faudrait pas supposer, cependant, que Ton ne tienne aucun compte, au laboratoire de Pavlov, des réactions motrices ; elles sont au contraire mentionnées lorsqu'elles existent, car elles accompagnent parfois la réaction salivaire.
On a même tenté de les classer, ou plutôt de les distinguer en réactions motrices : positives, négatives et désordonnées.
Les réactions motrices que Ton nomme au laboratoire de Pavlov « désordonnées », sont les plus fréquentes, nous en avons décrit le type ci-dessus.
Par réaction « positive » on entend la contraction musculaire qui dispose le corps et la tête de l'animal du côté de l'expérimentateur. « Cette réaction s'obtient quelquefois, dit Zéliony, mais seulement quand le réflexe est élaboré au moyen de la poudre de viande. » — Mais il ne mentionne aucun arrêt de la sécrétion salivaire.
La réaction est désignée sous le nom de « négative », lorsque l'animal se détourne de l'expérimentateur et semble faire, avec la langue ou les lèvres, des mouvements semblables à ceux que l'on fait pour ôter de la bouche une