PRÉFACE XI
qu'à 4 h. 3o, 5 heures, 5 h. 3o. Dans les intervalles, le son du métronome n'avait aucun effet sialogène, et, lorsque le chien n'était pas troublé par des conditions inhabituelles, il ne salivait pas à 4 b. 29, mais exactement à 4 h. 3o.
Cette expérience a fait sur moi une impression d'autant plus grande que j'avais moi-même étudié des phénomènes analogues chez les organismes inférieurs, par exemple le rythme des marées de petits vers ciliés des plages de Bretagne, les Convoluta. En aquarium, elles continuent à sortir du sable et à y rentrer aux heures de la basse mer et de la haute mer. Dans l'expérience de Pavlov sur le chien soumis à un rythme, comme dans mes expériences sur les Convoluta, intervient un facteur dont l'étude a été peut-être un peu négligée par les physiologistes, le facteur temps, facteur auquel j'ai consacré, de 1901 à 1911, toute une série de recherches systématiques, desquelles il ressort chez beaucoup d'animaux inférieurs (coralliaires, planaires, littorines, etc.) des
xii l'image et les réflexes conditionnels
oscillations considérables de la sensibilité dans le temps, oscillations non rythmiques ou rythmiques, suivant les conditions de l'habitat et de l'excitation.
Ces oscillations, je les ai attribuées à des variations de l'état chimique interne. Chez le chien en question, je crois qu'il faut également faire intervenir les variations de l'état chimique interne. Après que le réfhxe salivaire a été déclanché par un certain groupement de sensations, le sang doit passer par une série d'états chimiques, a. b. c. d, et la substance nerveuse de l'écorce du cerveau, par une série d'états correspondants, a\ b\ c\ oT...; au bout d'une demi-heure, le sang est dans un état k et l'écorce cérébrale dans un état kf . Si on donne alors de nouveau à manger à l'animal, une certaine sensation déterminée par l'état chimique interne k s'associe à la sensation gustative. à la sensation visuelle déterminée par l'aliment, à la sensation acoustique provoquée par le métronome qui bat quand l'animal mange: et finalement le son du métronome ne peut dé-