PRÉFACE XIII
terminer la salivation que s'il est associé à la sensation chimique //.
L'explication que je viens de donner n'est qu'une hypothèse. Mais je crois que c'est aussi, à peu près, la façon dont Pavlov envisage le phénomène. Pour le célèbre professeur russe, le temps serait un excitant au même titre que Y électricité, la lumière ,\eson. . . Mais que diront de cela les philosophes ? 11 serait intéressant de connaître l'opinion de M. Bergson, qui a attribué à juste titre une place si importante au temps dans ses conceptions philosophiques.
Pour ma part, je préfère l'explication chimique, qui découle des expériences faites, et qui en suscite de nouvelles, à toute autre interprétation. Est-on bien avancé quand on a parlé d'habitude, de mémoire du temps, quand on a invoqué la conscience de l'être pensant1/
Si j'ai insisté sur cet exemple, c'est parce <sue, d'une part l'expérience, étant encore inédite, ne figure pas dans le livre de Mme Dontchef-Dezeuze. et. d'autre part, que cette expérience montre bien en quoi diffère le point
xiv l'image et les réflexes conditionnels
de vue physico-chimique du point de vue psychologique.
C'est précisément l'intérêt du livre de Mme Dontchef de s'adresser à la fois à ceux qui pratiquent l'analyse physico-chimique des phénomènes de la vie et à ceux qui dissertent sur les états psychiques des animaux et de l'homme.
Il arrive même à l'auteur de faire des incursions intéressantes dans le domaine de la biologie. Je prendrai un exemple : celui de Tenrayement des réflexes obtenus par le « frein somnifère » (p. 77) ; un état de somnolence apparaît souvent à la suite de l'appli cation répétée des excitants thermiques, ou bien très chauds (45°), ou bien très froids ( o°). Or, M. Matisse, étudiant les façons dont les animaux inférieurs se comportent aux diverses températures, a montré que l'extrême chaud et l'extrême froid produisent les mêmes effets. D'autre part, Kammerer, dans ses tentatives de transformisme expérimental, a obtenu, à la suite de Fischer et de Standfuss. les mêmes aspects morphologiques, les mêmes