DÉMONSTRATIONS EXPÉRIMENTALES
La guérison anatomique des lésions miliaires est un fait dont la possibilité est démontrée depuis longtemps. Arloing, en 1902, insiste sur la tendance des tubercules obtenus à l’aide de cultures homogènes de bacilles, à évoluer non vers la caséification, mais vers la transformation fibreuse avec reformation vasculaire, c’est-à-dire vers la guérison.
Calmette et Guérin prennent un lot de 6 génisses saines, qu’ils infectent par un repas de 0 gr. 25 de bacilles tuberculeux bovins de virulence moyenne. Pendant le mois qui suit, la température de ces ani-
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maux se maintient normale, leur état général parfait. Le 31° jour, 3 des génisses sont abattues. A l’autopsie, toutes 3 présentent les mêmes lésions. En particulier, lés deux poumons sont criblés de très fins tubercules dont les plus gros ont la dimension de la tête d’une petite épingle. Ils sont complètement translucides et leur périphérie ne présente aucune trace d’inflammation. Ils sont situés sous la plèvre, à la périphérie des lobules, dans le tissu conjonctif interstitiel. Les 3 autres génisses sont abattues au 6® jour. Leur état général est constamment demeuré excellent. On note des lésions des ganglions mésentériques, bronchiques et médiastinaux, mais les deux poumons sont absolument indemnes. Les lésions granuliques ont donc guéri.
De même pour les lésions miliaires aérogènes. Leroy U. Gardner a montré que des lésions miliaires provoquées chez le lapin par des injections intratrachéales de bacilles tuberculeux de virulence atténuée, pouvaient se résorber spontanément : la masse caséeuse est envahie et absorbée par des cellules mononucléées et des polynucléaires. Et les masses cellulaires proliférant à la périphérie sont absorbées « comme le tissu de granulation est absorbé après un autre processus infectieux ». De sorte que les tubercules, même caséifiés, évoluent vers la résolution complète. Allen Krause estime même que l’oblitération et la résorption complète constituent une terminaison fréquente.
Certes, il ne faut pas assimiler intégralement ce
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qui se passe chez l’animal à ce qui peut se passer chez l’homme, et bien des conceptions erronées viennent peut-être de ce qu’on a souvent fait trop aisément cette transposition. Il n’en reste pas moins que, dans certaines conditions d’expérience, des lésions granuliques du poumon sont susceptibles de guérir.