‹ L'Image Granitée Post-hémoptoïqueChapitre 16 sur 30 · DÉMONSTRATIONS CLINIQUES · texte numérisé non relu

DÉMONSTRATIONS CLINIQUES

Depuis une quinzaine d’années, par suite du développement de la radiologie, de nombreuses observations cliniques de guérison de lésions granuliques ont été publiées. Peut-être certaines d’entre elles n’étaient-elles pas de véritables granulies, mais des apparences radiographiques, puisqu’en parlant de granulie curable on se prive par là-même du contrôle anatomique. En tous cas, d’autres étaient authentifiées autant qu’il est possible par des localisations viscérales diverses.

Burnand, Delarue, parlent d’effacement radiologique des lésions. |

Lorey (1922) publie l’observation d’une jeune fille de 20 ans présentant une granulie dont l’image radiologique s’efface en 18 mois, en ne laissant comme séquelles que quelques marbrures.

Maendl (1927) : granulie à localisation multiviscérale ; guérison ; nettoyage radiologique en 3 ans.

Jousset et son élève A. Bourgeois (1927), Sachs (1931), Pilger (1932), Frommel et Mlle Métral (1935) publient également des cas de granulies guéries. Dans l’observation de Sachs, le nettoyage radiolo-

gique se fait en 4 mois, dans celle de Pilger en 10 mois, dans celle de Frommel et Mlle Métral en 6 mois. Dans presque tous ces cas il subsiste, à titre de séquelles radiologiques, des marbrures sur les champs pulmonaires.

Mollard, Gaujoux, Brahic et Recordier, Ameuille et Hinault ont vu sous l’action du traitement aurique régresser et même disparaître assez vite des semis nodulaires étendus. « Il nous a paru, disent Ameuille et Hinault, que les images nodulaires résistantes étaient surtout celles que Gräffe et Küpferle ont individualisées sous le nom d’images de lésions productives, à savoir celles dont les centres sont très opaques, chargées en partie de sels calcaires, par conséquent des lésions cicatrisées en partie. Les images nodulaires plus transparentes, à contours plus flous, qui semblent répondre à des lésions plus fraîches, exsudatives, sont apparues beaucoup moins résistantes ». | |

Après Grau, après Braeuning et Redeker, Ontaneda et Rottjer ont étudié une forme spéciale de broncho-alvéolites micronodulaires rapidement curables, dont l’étiologie tuberculeuse a été soit démontrée par la présence de bacilles tuberculeux dans l’expectoration, soit établie cliniquement par une complication ou une autre localisation tuberculeuse (hémoptysie, érythème noueux, pleurésie séro-fibrineuse, etc). Il s'agissait dans ces cas, d’après la conception des auteurs, chez de jeunes soldats récemment contaminés, d’un ensemencement hémato-

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gène par la tuberculine libérée lors de la destruction des bacilles ; cette imprégnation tuberculinique expliquait également, d’après eux, d’autres localisations tuberculeuses (érythème noueux, pleurésie séro-fibrineuse, épituberculose, certains rhumatismes tuberculeux). Quoi qu’il en soit de ces théories pathogéniques, les 8 cas étudiés par les auteurs s’étaient rapidement guéris par résorption.

Les images granitées de la tuberculose fibreuse de Bezançon, Braun et Duhamel, peuvent également disparaître en laissant après elles des bandes de sclérose plus ou moins accentuées. Il en est de même dans certains cas de granulie froide.

MM. Bezançon et Delarue ont montré que l’alvéolite ou bronchio-alvéolite (analogue à la tuberculose exsudative des Allemands), primum movens univoque de toute lésion tuberculeuse d’origine hématogène, bronchogène ou lymphogène, est précisément une lésion qui peut disparaître radiologiquement. La tuberculose folliculaire (tuberculose productive des Allemands) s’efface plus difficilement, mais il semble bien que, dans certains cas au moins, sa disparition soit possible. Les travaux de Huebschmann, ceux de Delarue, ont d’ailleurs montré qu’il n’y a pas de fossé entre les formes exsudatives et productives : exsudation, caséification, réaction folliculaire, ne sont que les stades successifs d’un même processus et la forme productive n’est en quelque sorte qu’une cicatrisation.

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Retenons en conclusion que la régressibilité n’est nullement l’apanage des lésions micronodulaires posthémoptoïques, mais se retrouve dans d’autres aspects analogues : ceux-ci ressortissent fréquemment à des lésions exsudatives curables. Ameuille et Huguenin considèrent même que les formes nodulaires ont en soi plus de tendances régressives ou cicatricielles que les formes diffuses.

b) La régressibilité du granité post-hémoptoïque n’est pas constante

IL existe des cas où l’image granitée apparaît dans les conditions que nous avons décrites, et où l’évolution est cependant toute différente. Nous avons cité cette observation de Dutrey, où le granité, au lieu de disparaître, persiste inchangé au bout de plusieurs années. On peut admettre il est vrai qu’un processus fibreux développé autour des foyers alvéolaires fixe l'aspect micronodulaire, réalisant ainsi la plus belle radiographie de « granulie froide ».

Nous avons décrit un cas (Obs. VI) où, malgré un début typique, les lésions évoluèrent de façon fatale après une amélioration passagère. Dutrey rapporte également une observation qui se termine par la mort.

Sans en donner d'exemples, Cardis admet la possibilité de fonte ultérieure des micronodules. Sans doute ces cas se rapprochent-ils beaucoup de certains de ceux qui ont été décrits par Duhamel dans sa thèse, dans lesquels l’autopsie montrait à l’endroit

où siégeait le granité radiographique, des foyers caséifiés à disposition lobulaire.

On voit donc que l’évolution bénigne du granité post-hémoptoïque n’est pas pathognomonique : si la majorité des cas évoluent vers la régression, ce caractère ne leur est pas spécifique. Et, d’autre part, on ne peut affirmer d’emblée que l’évolution sera favorable.

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