‹ L'Image Granitée Post-hémoptoïqueChapitre 22 sur 30 · ARGUMENTS TIRÉS DE L'ÉTUDE DE LA PATHOLOGIE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

ARGUMENTS TIRÉS DE L'ÉTUDE DE LA PATHOLOGIE PULMONAIRE

Des troubles vaso-moteurs peuvent provoquer à eux seuls des accidents pulmonaires. Il existe des hémoptysies qu’on pourrait appeler hémoptysies vaso-motrices pures apparaissant alors que le poumon est normal, lors d’une thoracentèse trop abondante ou au cours d’affections nerveuses lésant les centres bulbo-médullaires des nerfs vaso-moteurs. Il faut rapprocher de ces hémoptysies les œdèmes aigus du poumon qui présentent d’ailleurs avec elles des formes intermédiaires (œdèmes où l’abondance des globules rouges dans la sérosité exsudée atteint presque celle du sang — Bezançon). Dans l’œdème aigu par insuffisance ventriculaire gauche lui-méme, il y a une participation nette de vaso-dilatation d’origine réflexe (Merklen). Mais surtout, il existe des œdèmes aigus d’origine vaso-motrice pure, tels ceux qui surviennent au cours des myélites, des traumatismes cranio-encéphaliques et surtout de l’épilepsie (Langeron).

Il est également démontré qu’un trouble nerveux peut aboutir à la formation de lésions exsudatives.

Tel est l'exemple des taches de Tardieu, dans la production desquelles Claude Bernard voyait déjà l'influence du système nerveux.

On connaît les importants travaux de Leriche et Fontaine sur l’action du ganglion étoilé (véritable centre sympathique de l’innervation pulmonaire) et sur les résultats de sa section. L’asthme qui peut être ainsi guéri dans certains cas est sans doute un trouble surtout fonctionnel. Maïs l'atteinte de ce ganglion étoilé peut provoquer des troubles graves, comme le montre la fréquence des accidents pulmonaires à type œdémateux chez les opérés de Jonnesco. Cornil, Mosinger et Mlle Hennequin ont montré expérimentalement que l’extirpation du ganglion stellaire provoque la congestion et favorise le caractère congestif et hémorragique des réactions pulmonaires.

Au cours de ces derniers mois, le rôle du système neuro-végétatif dans les lésions du parenchyme pulmonaire a été l’objet de travaux importants. Delarue, Justin-Besançon et Bardin ont montré que la section unilatérale du pneumogastrique, du sympathique et du nerf de Cyon chez le lapin, aboutissent à la production de lésions pulmonaires disséminées de congestion, de suffusions hémorragiques, d’œdème, parfois de véritables foyers apoplectiques. Chez le lapin, la section du pneumogastrique au cou, et surtout l’excitation chimique du tronc du sympathique cervical, aboutissent à un même résultat, à la

ot

même dilatation énorme des cloisons interalvéolaires par le sang, aux mêmes suffusions hémorragiques intra-alvéolaires ou adventitielles vasculaires.

Ungar, Grossiord et Brincourt, en excitant le pneumogastrique, observent des lésions pulmonaires qui se caractérisent avant tout par une desquamation de l’endothélium alvéolaire et par un afflux leucocytaire infiltrant les cloisons interalvéolaires et remplissant les cavités des alvéoles. Le tout donne l'impression d’un foyer broncho-pneumonique. L’atropinisation préalable empêche la production de ces lésions.

En excitant le tronc cervical du phrénique, les mêmes auteurs voient apparaître des taches franchement hémorragiques bilatérales et disséminées. Ces lésions sont histologiquement caractérisées par:

— une dilatation vasculaire considérable ;

— une exsudation œdémateuse ;

— une extravasation sanguine surtout interstitielle, mais aussi alvéolaire et bronchique.

Ces lésions sont analogues à celles que l’on obtient par injection d’histamine, et à celles que l’on obtient par excitation du sympathique. Elles s’expliquent par ce fait que le phrénique contient dans son trajet cervical des fibres vaso-dilatatrices sympathiques et des fibres vaso-dilatatrices antidromiques issues des racines postérieures. Ces fibres quittent le phrénique à l’entrée du thorax, semble-t-il, pour gagner le poumon avec les voies sympathiques.

Page 1