‹ L'Image Granitée Post-hémoptoïqueChapitre 9 sur 30 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Longtenips confondu avec les poussées granuliques qui peuvent compliquer l’évolution d’une tuberculose pulmonaire chronique, le granité post-hémoptoïque s’en différencie par un pronostic beaucoup moins sévère, car la restitutio ad integrum des lésions qui le provoquent est de règle — règle qui subit, à vrai dire, un certain nombre d’exceptions.

Les premiers travaux qui distinguent nettement l'image granitée post-hémoptoïque de la granulie, sont, pensons-nous, ceux d’Amberson (1924), d’Austrian et Willis (1926). Il s’agit pour ces auteurs d’un ensemencement des alvéoles par le sang épanché contenant des bacilles, chez un sujet sensibilisé.

Peu de temps après (1927), MM. Bezançon, Braun et Duhamel, publient un article sur l'interprétation des aspects granuleux et trabéculaires au cours de certaines tuberculoses pulmonaires hémoptoïques.

Ces auteurs n’étudient ni le mode d’apparition, ni l’évolution de ces aspects, mais seulement leur existence au cours de tuberculoses pulmonaires chroniques entrecoupées d’hémoptysies. Ils opposent cette conception à celle de la granulie froide, alors dans le plein de sa faveur.

En 1928, Cardis communique à la Section d’Etudes Scientifiques de Œuvre de la Tuberculose un mémoire qui est la première description d’ensem-

De

ble du granité post-hémoptoïque et de son évolution. Le titre même de ce travail : Aspect radiologique micronodulaire de l'essaimage hémoptoique, indique l’opinion de l’auteur sur l’étiologie du granité: il s’agit d’après lui, comme nous le verrons plus tard en détail, de l’ensemencement alvéolaire par les bacilles contenus dans le sang, aspiré par le poumon au moment de l’hémoptysie. On le voit, cette interprétation rejoint celle des auteurs américains. M. le Professeur Bezançon n’a jamais admis cette théorie, mais la plupart des auteurs qui ont étudié la question depuis l’admettent explicitement ou implicitement.

A partir de la publication de Cardis, les observations se multiplient, relatées par Foix, par Léon Bernard et Thoyer, par Thoyer, par Bezançon, Etienne Bernard et Schwob, par d’Hour et Béra. D’Hour a exposé dans différentes publications et dans la thèse de Clarisse ses opinions sur la question, elles reproduisent celles de Cardis et des auteurs américains. Giraud, Sergent, Delarue, font allusion aux granités curables post-hémoptoïques. Des observations ont d’ailleurs été publiées sous d’autres dénominations : tels certains cas de granulies froides (Hautefeuille), et encore un au moins, sinon deux, des cas présentés à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris par Jacob et Cournant sous le titre de « Trois cas de tuberculose pulmonaire chronique à images radiologiques finement nodulaires disséminées ».

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A l'étranger, la question semble avoir moins attiré

l’attention. Dans les pays de langue espagnole, des observations ont été rapportées par Egües, par Alonzo, par Dutrey. Ce dernier, dans un intéressant article sur la difficulté du diagnostic différentiel des images micronodulaires tuberculeuses et non tuberculeuses, insiste sur l’analogie et les rapports que présentent la granulie chronique, la tuberculose fibreuse forme « Bezançon, Braun, Duhamel », et les granités post-hémoptoïques.

Un auteur hongrois, O. Orszagh, étudie les suites de 29 cas d’hémoptysies, et trouve : 6 cas de lésions pneumoniques ou broncho-pneumoniques, 11 disséminations, 1 inflammation périfocale, 3 images combinées, et seulement 7 fois aucune modification. La littérature anglo-américaine, si on y trouve les premières études de granité post-hémoptoïque, n’y fait plus par la suite que des allusions sporadiques. Et les auteurs allemands semblent y avoir porté très peu d’attention.

Les discussions récentes sur la granulie froide n’ont pas fait progresser ce problème, maïs ont ramené un surcroît d'intérêt sur les aspects micronodulaires.

LE SÉACH 2

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