‹ L'image mentaleChapitre 6 sur 19 · V, ch. I, p. i · texte numérisé non relu

V, ch. I, p. i

ci et lui diminue ses caractères propres, comme si, dans cette superposition d’images, les dissemblances seules trouvaient matière à s’accuser.

Les images successivement répétées, au lieu de faire nombre, s’embrouillent et se fondent les unes dans les autres, et leur nombre diminue à mesure que s’allonge la liste de leurs retours.

Il sera facile de le constater sur le tableau cicontre, qui résume les résultats numériques de nos observations. Sauf deux exceptions qui sont à part, les chiffres sont assez significatifs pour dispenser de tout commentaire.

On voit comme le nombre des images décroît d’une façon presque constante du premier au dernier objet de la série proposée. Ce fait devient particulièrement sensible quand on compare les deux extrêmes : l’écart entre ces deux groupes d’images est significatif.

Cette sorte de paradoxe est, en réalité, facile à expliquer lorsqu’au lieu de confondre l’image et le souvenir, on réfléchit aux différences profondes qui les séparent.

Sans doute, image et souvenir sont intimement liés : car de même que nous ne pensons pas sans images, nous ne rappelons rien sans image. Mais ni l 'une ni l’autre ne naissent et vivent de la même manière. L'image du même objet ou d’objets semblables peut revenir plusieurs fois à notre conscience sans qu’il y ait souvenir : celui-ci, au

Page 1