‹ L'image: pièce en trois actesChapitre 12 sur 21 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, LIRIEL

GEORGES, mi-voix, à Antonine.

Bon, Liriel... Et Jeanne qui ne revient pas...

ANTONINE

Marcel non plus... Je ne sais ce qu'ils font... Ça commence à être singulier.

LIRIEL, saluant Antonine.

Madame Deménière n'est pas là ?

Elle va revenir... Elle est sortie un instant...

LIRIEL, saluant Georges.

Et M. Deménière ?

GEORGES

Il a été retenu par un travail pressé, mais ne tardera pas...

MIDEL» survenant et emmenant Liriel à l'écart.

Mon cher, permettez-moi de vous féliciter...

Vous savez... Sang-Piètre est une œuvre...

LIRIEL.

Vous trouvez?... Cela vous satisfait?...

MIDEL.

Très beau... Il y a là un certain... (il fait

claquer la langae et les doigts.) Ça y est...

Il s'éloigne.

PILOSEAU, survenant et emmenant Liriel à l'écart.

Mon cher, permettez-moi de vous féliciter. . . Vous savez... Sang-Piètre est un poème de génie...

LIRIEL.

Que vous êtes sympathique et bon...

PILOSEAU.

Je suis juste... juste...

Il s'éloigne.

ESPÉRANDIEU, avançant hypocritement vers

Liriel.

Sang-Piètre est-il déjà en librairie, monsieur?

LIRIEL.

Voulez-vous me permettre de vous en offrir un exemplaire?...

Il tire un exemplaire de sa poche.

ESPÉRANDIEU

Vous êtes trop aimable... Je ne voudrais pèis vous en priver.

LIRIEL.

Prenez-le... Vous me ferez plaisir.

ESPÉRANDIEU

Pour vous faire plaisir alors... (il prend l'exemplaire.) SoUiciterais-je une dédicace?

LIRIEL.

Comment donc?... (Ecrivant avec un crayon et lisant en même temps.) A mon célèbre et é minent confrère... Vous vous appelez?

ESPÉRANDIEU

Gabriel Espérandieu.

LIRIEL, écrivant et lisant.

Gabriel Espérandieu... Voilà.

ESPÉRANDIEU, àVriUe.

Liriel qui m'offre son volume.

LIRIEL.

On vous le reprendra sur le quai avec 60 pour 100 de rabais... Vendez-le... C'est le comble du naturalisme littéraire... Tous vos confrères vendent ceux qu'on leur adresse sans les couper... La dédicace était inutile.

ESPÉR.\NDIEU.

C'est bon à savoir.

LIBIEL, apercevani Tabarion.

Tiens, monsieur Tabarion...

TABAKION.

Ne vous ai-je point rencontré quelque part?

LIRIEL.

Vous ne me remettez pas?

TABARION.

Attendez:.. Si... C'est vous le chef de TEcole du Trottoir gauche du boulevard Saitii* Michel... de ces Symbolistes!

LIRIEL.

Vous, le chef de l'Ecole du Trottoir droit.

TABARION.

Parfaitement... Et comment va-t-elle votre Ecole ?

LIRIEL.

Elle va bien... Je vous remercie... Nombre de jeunes genj m'envoient leur adhésion...

J'en compte une vingtaine autour de moi...

TABARION.

Moi, je n'en compte que sept... Mais ce

sont des poètes avec des lances... Bientôt

nous joncherons le solde cadavres...

LIRIEL.

Nous nous défendrons.

TABARION.

Vous n'êtes pas de taille... Vous ignorez la prosodie...

LIRIEL.

Vous parlez toujours métier... Que faitesvous de l'âme?

TABARION.

L'âme, au besoin!... Mais d'abord la prosodie.

Gignoux-Morel paraît.

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