‹ L'imaginatiom et ses variétés chez l'enfantChapitre 19 sur 24 · DE QUELQUES PROCÉDÉS PROPRES A ASSURER L'ÉQUILIBRE DES IMAGES · texte numérisé non relu

DE QUELQUES PROCÉDÉS PROPRES A ASSURER L'ÉQUILIBRE DES IMAGES

Procédés possibles : — 1° Association des ordres dïmages faibles à l'ordre d'images fortes. — 2° Culture spéciale de chacun d'eux ; — acuité exceptionnelle des sens : exemple des aveugles, des sourds-muets, des somnambules, des hypnotisés, etc. ; — éducation du tact et du sens musculaire ou kinesthétique, — de la vue : méthode de Lecoq de Boisbaudran, — de l'ouïe. — 3° Culture simultanée des diverses mémoires ; — moyens préconisés par quelques pédagogues ; — exercices divers.

Nous n'avons pas, on le comprend, rintenlion de déduire toutes les conséquences pratiques que Ton peut tirer des faits contenus ici, ni de montrer toutes les applications qu'on peut en faire. Une pareille entreprise ne tendrait à rien moins qu'à composer, en ce qui concerne Védîccalion inlellecluelle des enfants, un traité presque

complet de pédagogie, alors que cette étude n'en saurait être à la vérité que la préface. Du reste, ces applications apparaissent assez clairement d'elles-mêmes, et plusieurs sont déjà mises en pratique, comme on peut s'en convaincre par l'examen des divers procédés d'enseignement que préconisent les meilleurs pédagogues ; nous en citerons plusieurs exemples. Observons seulement que, quelles que soient les méthodes employées, l'on devra profiter d'abord de la prédominance d'une catégorie d'images pour en tirer le meilleur parti possible et pour faciliter en même temps le rappel des autres ; puis, tout en cullivant chaque espèce d'entre elles prise à part, utiliser simultanément celles qui peuvent concourir à un même exercice. Nous allons brièvement examiner ces divers points.

L'éducateur a-t-il une fois constaté chez un enfant une aptitude à retenir tel genre d'images plutôt que tel autre, il doit partir de là pour l'aider à se rappeler les images à la conservation desquelles son cerveau est moins propre. Ainsi sera pratiquée la vraie mnémotechnie. Par exemple, si dans le souvenir qu'il a d'un objet, un enfant se remémore avec promptitude et vivacité

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l'image visuelle, la réviviscence aisée de cette dernière, en même temps que très avantageuse en soi, lui sera d'une utilité d'autant plus grande qu'on aura eu soin de lui apprendre à y rattacher, grâce à des associations répétées, les images auditives et motrices, parce que le rappel de la première amènera celui des deux autres. En effet, « la propriété qu'ont les ébranlements sensoriels conçus à la même époque et constituant en quelque sorte comme des familles naturelles, est d'une grande ressource pour l'éducation de l'esprit et la culture méthodique de ses facultés ; elle permet, lorsqu'une série de souvenirs, une série d'idées, de faits expérimentaux, de principes scientifiques, ont été imprimés en lui d'une façon contemporaine, de pouvoir les évoquer artificiellement^ en se contentant de faire appel au premier des souvenirs de la série qui est en quelque sorte la tête de ligne. » (Luys.)

Tel est donc, avec l'aptitude prononcée pour une science, un art ou une profession spéciale, le bénéfice à retirer du développement particulier d'un ordre d'images. Mais il faut aussi, avonsnous dit, tout en tenant compte chez un enfant de cette iiptilude, en la fortifiant même, ne pas

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