CONCLUSION
Résumons en quelques propositions les points les plus importants de la théorie que nous venons d'exposer :
L'activité intellectuelle s'exerce principalement sur les sensations et images visuelles, auditives, tactiles — musculaires et sur les idées qui en dérivent, — soit isolées, soit associées, — avec l'aide des mots qui expriment tous ces faits psychiques ; -
Chaque cerveau n'est pas également propre à percevoir toute espèce de sensations et par suite à conserver toute espèce d'images. Si parfois celles-ci s'équilibrent, il arrive souvent que tantôt les images visuelles, et tantôt les images auditives ou les images tactiles-musculaires ont une
prédominance plus ou moins marquée. De là provient la diversité des esprits. La cause organique en paraît due à un développement inégal des régions cérébrales, sous l'influence primitive de l'hérédité ;
La prédominance dans un esprit d'un ordre d'images lui assure des aptitudes prononcées pour une science, un art, une profession. Le rôle de l'éducateur est donc de s'appliquer à la reconnaître, afin, s'il y trouve un réel avantage, de pousser l'enfant dans la voie que lui trace la nature ;
Cependant, à cause des dangers qui peuvent résulter de la culture trop exclusive d'un genre d'images, la vraie tâche de l'éducateur consistera à former des esprits où les diverses espèces d'images se contre-balancent : il y aura double profit en effet, puisque les périls signalés seront moins à redouter, et les aptitudes de l'enfant plus variées ;
Afin d'y réussir, l'éducateur devra associer aux images facilement conservées dans un cerveau celles qui le sont peu ; — s'appHquer, en même temps, à cultiver chaque espèce d'entre elles prise à part ; — puis, pour les études et les