Voir notre étiiile sur le Symliolisme des couleurs. Revue
L'IMAGINATION riKPnESlvISTATIVli.
VU que cela peut être suspect, mais n'esl pas défendu. Quand un peintre ainsi doui^ s'installera devant son chevalet, sa palelle en main, il ne se contentera pas de combiner à la dose voulue ses pûtes colorées pour les étaler soigneusement sur la toile. Non, il voudrait mettre autre chose dans son tableau : le louclier soyeux de celle étoffe, le velouté de ce fruit et jusqu'à sa saveur fondante, la chaleur torride de ce soleil ijui calcine la roule blanche, les senleure saumàlrcs de l'Océan et le bruil de ses vagues déferlant sur la plage. Toutes ces .sensations renlrenl dans l'impression que nous recevons de lo nature. Un poète descriptif ne manquerait pas de nous les rendre. Mais comment les peintres peuvenlila y réussir?
Quelques-uns estiment qu'il est sage de ne pas le tenter. Mis en présence d'un objet qui frappe à la fois tous leurs sens, ils s'appliquent à le dépouiller, par une sorte d'abstraction, de ses diverses qualîtéB. sensibles, pour n'en recevoir qu'une impression visuelle. Qae sont pour l'œil ces objets, que notre imagination s'obstine â nous présenter avec un si riche accuoipagnement de sensations diverses? De simples taches colorées. Ne peignons donc que la tache! Si ces images que nous ne pouvons dessiner ni peindre nous obsèdent trop, nous leur chercherons ailleurs un dérivalif : ainsi Fromentin prenant la plume pour se rendre à lui-même les impressions qu'il avait gardées de la nature, la sérénité d'une nuit d'Orient, la fraîcheur de la pure lumière dans laijuelle son (eîl se baignait comme dans une eau profonde, ou ces sensations intimes et troublantes du passage des saisons dont il nous a laissé dons