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L'IMAGINATION ET LA SYMPATHIE

Définition de la sympathie. — Ses rapports avec l'imagination : elle la présuppose comme condition, — elle la renforce et la produit.

I. — Action de l'imagination sur la sympathie. — « L'étendue et la force de la sympathie est en raison de l'étendue et de la clarté des représentations » (Spencer). — Exemples.

La sympathie n'est pas un détour de l'égoïsme ; elle ne consiste pas à se mettre en imagination à la place des autres ; elle a cependant un coefficient personnel ; nous sympathisons avec les sentiments qu'éprouvant nous-mêmes, nous supposons dans les autres d'après nous.

La sympathie s'explique par V association des images ; elle a pour point de départ une image visuelle, laquelle suscite des images motrices ou affectives, produisant ainsi V imitation ou la sympathie proprement dite. — Le défaut de sympathie s'explique, quand ce n'est pas par le simple défaut d'imagination, par la dissociation ou l'indépendance relative des images. — Exemples : le Paradoxe de Diderot ; l'imagination vive et pittoresque de l'artiste, sa faible sensibilité.

IL — Action de la sympathie sur l'imagination. — La sympathie que rencontrent nos idées est interprétée par nous comme le signe de leur valeur. — C'est ce qui apparaît déjà dans la science ; c'est ce qui apparaît plus encore dans l'art, lequel crée un lien entre les esprits et paraît avoir pour but d'établir un tel lien, d' « élargir les sympathiès humaines » (Eliot). — La sympathie ouvre l'esprit. Elle est un principe de foi,

elle tient lieu de preuve. Elle est recherchée pour elle-même, comme un bien.

En résumé, l'imagination, d'une part, crée la sympathie, de l'autre, se réalise par la sympathie.

Il est un fait psychologique qui se rattache étroitement à l'imagination, qui l'éclairé et permet d'en mesurer la portée. Ce fait est la sympathie, entendue, non au sens dérivé et vulgaire, comme l'affection d'une personne pour une autre, mais au sens étymologique et propre, comme « l'existence de dispositions identiques » chez des sujets différents (Ribot), ou « la faculté de partager les passions des autres, quelles qu'elles soient » (Ad. Smith). La sympathie ainsi définie est elle-même active ou motrice, passive ou émotionnelle ; autrement dit, elle comprend Vimitatation ou synergie et la sympathie proprement dite ou synesthésie. « Il y a dans le cerveau, dit Male- BRANCHE, des dispositious naturelles qui nous portent à la compassion (synonyme latin de sympathie) aussi bien qu'à V imitation. . . Les esprits animaux se portent naturellement dans les parties de notre corps » soit « pour faire les mêmes actions et les mêmes mouvements que nous voyons faire aux autres )), soit « pour recevoir en quelque sorte leurs blessures, et pour prendre part à leurs misères^ ».

Qu'elle s'exerce dans l'ordre des « tendances motrices » ou des « états affectifs », la sympathie est liée à l'imagination. Ou elle la suppose comme condition, elle en dérive, ou, au contraire, elle la produit, elle en est le principe ou la cause. En effet.

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