‹ L'imagination et les prodiges. Tome premierChapitre 3 sur 30 · XXX · texte numérisé non relu

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de sensibilité que peut alleindrc le nerf optique, ni toutes les radiations des corps. Les études les plus récentes et les plus sérierises sur les aflections du système nerveux, par le magnétisme et l’hypnotisme, les radiations de l’uranium, du polonium et d’autres corps, les rayons Hœntgcn, les immenses progrès réalisés dans celte voie nousinvitent à la prudence et nous font un devoir de ne pas dire avec une présomption tranchante : « La nature ne va pas jusque-là. » 11 fautajoutcr aux critères physi(jues, qui sont trop souvent insuffisants, les critères intellectuels, moraux et religieux.

A rester sur le terrain des phénomènes physiques, nous nous exposons à de cruels démentis.

Ce que j’ai dit des piiénomènes de la vision des corps, nous pouvons le dire de l’ouïe, du goût, de l’odorat, du tact, de tous les sens. Nous sommes loin de connaître tous les rapports qui existent, ou qui peuvent exister, entre nos sens et le monde extérieur. Et la science elle-même est encombrée d’hypothèses qui troublent et découragent l’esprit humain.

Jusqu’à présent je n’ai parlé que des rapports entre notre corps cl le monde extérieur, mais que dire des rapports qui s’établissent par l’intermédiaire de notre système nerveux entre le monde extérieur et notre àrae, ou

noire esprit. Ici l’iiorizon se découvre, plus large et plus [)rofoiid.

Si toutes nos pensées, nos affections, nos voûtions sont accompagnées d’une vibration cérélirale, matérielle, si toutes ces vibrations, d’une intensité différente comme le principe qui les engendre, retentissent dans l’éther et y trouvent leur prolongement, quedeviennentelles? car rien ne se crée ni se perd dans la nature ; que deviennent-elles, où vont-elles, quelle action peuvent-elles exercer sur d’autres cerveaux que le sang et l’affection font vibrera runisson de notre cerveau? A quelle distance retentira le cri de notre amour, ou de notre désespoir ? Quel échova-t-il éveiller? Quelle impression produira-t-il? Quel ti‘ouble va-t-il engendrer au loin dans une àme qui a vécu et senti avec notre àme?

Si une décharge atmosphérique lance dans l’espace une oiide électrique qui, à une distance de mille kilomètres, entre une multitude si diverse de directions, se fraye un chemin, va frapper une antenne et impressionner un cohéreur, caché et perdu dans Timmensité, qui nous dira ce que devient à travers l’espace cette vibration cérébrale, née sous le coup et dans le mystère d’une grande passion?

Quand vous criez si vite au miracle, ne craignez-vous pas de vous tromper?

Connaissez-vous bien cette matière avec laquelle nous nous trouvons perpétuellement en contact par la périphérie de notre corps?

Vous savez sans doute que la matière sepré-

scnlc à l’olal solide, liquide, gazeux, radiant; vous savez (|u'eii s’élevant ainsi, les atomes de la matière étendent de plus en plus l’amplilude de leurs vibrations. Mais au delà de l’état radiant, la matière ne peut-elle pas se présenter encore sous d’autres états ([ui nous sont inconnus, particules d’éther, ions on électrons, selon la science d’aujourd’hui?

Nous sentons cruellement, tous les jours, la mélancolie de la vérité qui se dérobe, et l’inquiétude de nos questions ardentes restées sans réponses. Si le globe terrestre dont nous avons fait le tour, qu’un til télégraphicjue enserre, nous parait plus petit, après nos explorations, le inonde de la i)ensée grandit devant nous, et nous elfraie par ses profondeurs.

Je ne sais (jnel pressentiment secret, (jnel instinct religieux nous porte sans cesse à voir des entités inconnues et surnaturelles derrière les [>hénomènes dont l’explication nous écliappe. Qu’une ligne de feu. horizontale, terminée par un anneau spliéri((ue traverse les airs, (pi’une aurore boréale force le pâtre à lever la tète et à regarder l'horizon, il se croira en présence d’un être inconnu et toutpuissant ([ui passe; mais voici qu’un savant produit des aurores boréales artiticielles en projetant en l’air des rayons cathodiques, et il démontre (jue les couches extrêmes de

ratmospliore lerrestre absorbent les rayons eatho(li(|uos solaires et produisent ainsi l’aurore boréale. La poésie s’en va avec l’illusion de la légende, la science reste avec son indiscutable autorité.

Que conclure de ces indications sur les- (jiiellesj’aurais voulu insister et qu’il faudrait encore approfondir ? Faut-il éconduire le préternaturel et rejeter riiiLervention des causes supérieures, de Dieu, des anges, des démons dans les affaires de ce monde ? Non, ce serait un blasphème. Nous croyons fermement à cette intervention.

Mais nous croyons aussi que le moyen le plus sur de défendre heureusement la cause des miracles et du préternaturel, c’est de combattre et de repousser hautement les superstitions (}ui la déshonorent et les ignorances présomptueuses qui voudraient s’imposer sans mission et sans autorité.

L'IllAfilHAIIOS il LES PRODIGES

LIVUE PREMIER

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