CHAPITRE VI
l’imagination dans l’hypnose
Il s’est formé à la Salpétrière, sous la direction prudente et savanle du professeur Dejerine, une école nouvelle qui se détache des manœuvres de l’hypnotisme, et qui ne partage pas l’enthousiasme des disciples de la première heure pour les théories de Charcot et de Bernheim. Ce n’est pas l’idée théologique ou religieuse qui arrête ces observateurs, ils ne s’en occupent pas, ils ne veulent ni l’attaquer, ni la servir: ils se placent sur le terrain des faits acquis, des guérisons obtenues, des observations scientifiques bien déterminées, et ils essaient, sous le nom de psjrcho thérapie y de fonder une méthode de traitement (pii permettra de soigner les malheureux hystériques et neurasthéniques, sans leur demander de livrer au médecin, quekjuefoisempirique, nos plus hautes facultés, laraison et la volonté. Ils ont obtenu déjà des résultats sérieux qui
soiilienneïit et autorisent leurs esporances. Leur conviclion communicative leur assure le succès. Les amis du spiritualisme s’en réjouiront avec eux.
Au traitement des hystériques par l’hypnotisme et la suggestion, cés observateurs ont substitué le traitement par l’isolement, le repos, la suralimentation et la persuasion Nous étudierons bientôt le rôle et les effets de l’imagination dans la persuasion ; elle occupe, {)eut-ètre, la place principale de ce nouveau traitement des alFections nerveuses, qui déconcertent encore les plus célèbres praticiens.
Quelles sont les raisons qui expliquent la défaveur actuelle de riiypnotisme et la tendance à lui substituer le traitement parTisolement et la persuasion?
L’hypnotiseur crée dans son sujet un état psychi(|ue et physique très dangereux, il abaisse et diminue la personnalité humaine, il amoindrit et il diminue la lière et nécessaire puissance de nos facultés les plus élevées. Je n’oublierai jamais le sentiment profond
1 Nous renvoyons le lecteur qui voudrait approlondir celle question au remarquable ouvrage que les docteurs Camus et 1*agniez, anciens internes de la Salpêtrière, viennent de publier, sous ce titre : Isolement et psychothérapie. Voir aussi : Les psychonévroses et leur traitement moral, par le
Dubois.
d’étonnement, de douleur et de pitié que j’éprouvaisquand j’observais, à la Salpétrière, un malheureux hypnotisé, fasciné, endormi, hébété, dont les mouvements automaliques et incertains trahissaient lesprofondesblessures faites au libre arbitre et à la raison. D’un sujet qui est un homme, l’hypnotiseur fait un automate inconscient.
La répétition desexpériencesd’hypnotisme sur un même sujet détermine ainsi un état d’àme, un état organique, une constitution qui prive le sujet des intinies ressources de sa raison et de sa liberté, ou du moins, qui en diminue considérablement la valeur.
En effet, l’hypnotiseur sépare dans le sujet les facultés supérieures, raison et volonté, des facultés inférieures et sensibles; il paralyse les premières, ou du moins, il en suspend l’exercice, il met son sujet dans l’impossibilité de raisonner et de vouloir librement, il le condamne à penser et à vouloir aveuglément, sans résistance, au gréde l’hypnotiseur, de telle sorte que c’est l’hypnotiseur qui se sert du cerveau de l’hypnotisé et qui metenbranle l’automate humain.L’hypnotisé esl accidentellement un fou, irresponsable et inconscient.
Quand vous hypnotisez fréquemment un sujet, vous l’habituez, sans le vouloir directement, à ne plus raisonner, à ne plus agir librement, à ne plus posséder la plénitude de sa souveraineté dans l’intérieur de son être et de ses facultés, et vous l’exposez à subir, sans
résistance, les inlliiences et les sugg'estions i qui lui viennent du dehors. Vous créez ce (jue ■ i’appclleraâ Télat suggestible qui le livre prestjue sans défense aumilieu où il vit et aux . causes physiques et morales qui agissent sur ^ lui, à tous les moments de sa vie.
En suspendant ainsi, ou en détruisant la torce de résistance (|ui est dans Thommc, en habituant un sujet à accepter sans protestation, 1 au commandement de la parole ou du geste, la suggestion de l’hypnotiseur, on fait de ce sujet un être inutile (jui se laisse emporter comme l’atome dans le tourbillon des décompositions matérielles, on le dégrade, on lui fait perdre le sentiment delà personnalité et delà responsabilité. *
Je comprends que ce danger elfraie des esprits sérieux, des philosophes de bonne foi.
Ce n’est pas rànie seule qui se trouve ainsi bouleversée, l’organisme lui-mèinesedétra(|ue sous I inlluence répétée de l’hypnotisme, il acquiert une prédisposition morbide, il contracte une névrose d’un ordre particulier, ^ maladie étrange (pii l’expose à tomber en i> sommeil, sous 1 inlluence d’une cause physi- ' que déterminante, et sans le concours de ^ Thypnotiseur. «
C est donc l’homme tout entier, riioinme ^ corps et àme, le composé humain que l’hypnotisme répété expose aux plus graves, dangers.
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Les docteurs Camus et Pagniez ont signalé ces dangers et ces méfaits de Thypnotisme répété, ou de l’abus de l’hypnotisme : ils ont recueilli les dépositions concluantes des savants les plus estimés, lesplus compétents, et ils ont ébranlé, jel’avoue, la confiance dans l’innocuité et l’etficacité tliérapeutiques d’un traitement (jui affaiblit si cruellement l’intégrité nécessaire de notre volonté.
Briquet nous dit : a 11 ne faut pas employer la fascination comme moyen de traitement général de l’hystérie; on peut tout au j)lus s’en servir passagèrement comme d’un moyen de calmer quelque accident important. Les inhalations de chloroforme produisent les mêmes résultats (|ue la fascination, elles endorment pour un temps plus ou moins long, mais, le plus souvent, les accidents reparaissent K )>
« Il en est de même, écrit le Brachet, du magnétisme et de l’électricité. Ces moyens dont la thérapeutique attendait de si grandes merveilles contre les affectionsnerveuses sont bien souvent déjà tombés en désuétude -. »
Le Gilles de la Tourette qui nous a laissé des études si importantes sur l’hypno-
* D’’ Biuquet, L'hystérie, p. 645.
2 D'’ Bhagiiet, Traité de Chystérie, p. 427 .
tisme et la suggestion, esl pliisexpliciteetplus sévère dans ses criti(jues.
« L’hypnotisme, écrit ce savant auleur, n’est pas autre chose qu’un paroxysme hystév\i\\\e provoqué au lieu d’étre spontané ; il agit comme les paroxysmes en modihantprofondément le terrain hystérique.
« Avant donc de tenter l’hypnolisation, il faut faire une étude approfondie du malade et dire qu’on risque souvent beaucoup [)our gagner peu. Quelle sera l’attitude du médecin qui s’est posé en thérapeute, en présence d'une atta(|ue qu’il a lui-méme provoquée et qu’il est le plus souvent impuissantà enrayer?
a Lorsqu’un sujet a été souvent hypnotisé, il n’est pas rare de le voir retomber spontanément de lui-mème, sous l’inlluence de la provocation la plus fortiiite, dans un état semblable à celui oiiil avait été déjà plongé*.»
On a souvent cité l’exemple de ces malheureux anorexiques qui retrouvent rap[)élit sous rinlluence de l’hypnotisme et(jui recommencent à manger. Mais, ces malades, répond le de la Tourette, ne s’alimentent pas, on les alimente; manger par suggestion hypnotique, ce n’est pas manger.
Ktfrayé, lecélèbre observateur necraintpas de nous dire : « Ce <pie le médecin qui essaie de déterminer le sommeil artihciel doit avoir constamment présent à l’esprit, c’est (pi’il ne peut savoir à l’avance si les elfets ((u’il va
^ Gilles delà Touuette, Traité clinique et thérapeutique de Vhysiérie, p. 583. *
produire au lieu d’ètre curatifs ne seront pas, simplement, désastreux^ »
D’autres médecins, connus et appréciés, partagent ce sentiment et augmentent nos inquiétudes et nos détiances : a II ne faut i)as oublier, écrit lcD' Levillain, que cette arme puissante est une arme dangereuse, en raison des accidents nerveux fin’elle peut produire, crises d’hystérie, accès de manie, folie même; il n’est pas rare, en effet, de provoquer des crises, de les produire même chez des sujets qui n’en avaient Jamais eu, en insistant, sans motif valable, sur les manœuvres d’hypnotisation près des malades qui les acceptent mal ^ »
« Développer ce mode pathologique de la croyance (l’hypnotisme), c'est contribuer à la ruine de la personnalité et à l’établissemcîit du régime de l’automatisme ^ » — « Il ne faut pas demander à l’hypnose la guérison d’un état purement mental, ni meme d’une névrose grave et profonde comme l’hystérie ^ . »
— « Môme entre les mains d’un médecin compétent, à plus forte raison entre celles d’un ignorant, la pratique de l’hypnotisme peut comporter dans le domaine médical des conséquences d’ordre i)athologique assez variées: les unes immédiates, les autres [)lus
* D'’ Gilles de la Tourette; cité par Grasset, Hypnotisme et suggestions p. 353.
2 1)** Levillain, La neurasthénie.
^ \y Du PR AT, Gazette des sciences médicales, octobre 1892 .
* D** Grasset, Hypnotisme et suggestion^ p. 368.
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éloignées: les unes bénignes et passagères, les autres sérieuses et tenaces... Parmi les agents provocateurs de l’hystérie, l'iiypnotisnic ligure au premier rang, pour les raisons d’alïmité fondamentale (pie nous avons indirpiées plus haut... Les accidents neurasthénicpies secondaires aux séances hypnoticjues sont très fréquents'. »
Etrangers, de parti pris, à l’idée religieuse, ces explorateurs de l’hypnose dans le sujet humain ne [louvaient pas, cependant, se désintéresser de toute morale et négliger entièrement lecôlé philoso[)hique de la question. Ils devaient s’arrêter devant cette mainmise de l’hypnotiseur sur l’hypnotisé, devant cette effrayante et temporaire abdication de la raison et de la volonté entre les mains d’un homme, et nous faire connaître leurs impressions.
Je laisse de côté l’école matérialiste; ce n’est pas le moment de la réfuter; je citerai les témoignages très importants' de deux savants de premier ordre, le Dr Binet et le Dr Wundt.
« Quoi que l’on pense, écrit Binet, de l’hypnotisme, et (piant <à moi, j’estime (|ue c’est une méthode de premier ordre pour la patho-
' Dr DupnÉ, Vhypnolisme devant la loi. Rapport fuit au Congrès de kjoo.
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logie mentale, il est inconteslable que cette métlioile d’expérimentation ([ui constitue une mainmise sur un individu, présente des inconvénients pratiques très graves; elle ne réussit i>as chez toutes les personnes, elle provo(iuechez (|uelques-unes des phénomènes nerveux importants et pénibles et, en outre, elle donne aux sujets des habitudes dautomatisme et de servilité (jui expliciuent que certains auteurs, Wundt en particulier, aient considéré l’hypnotisme comme une immoralité...
« Dans l’hypnotisme nous avons une tentative d’asservissement d’une intelligence, et c’est là ce (jue Wundt considère comme une immoralité: le sujet devient la chose de rexpérimentateor; on pèse sur lui jusqu’à ce que sa résistance soit vaincue et sa servilité complète; et le résultat de cette tentative est de le rendre plus suggestible, plus servile pour une autre occasion »
Le savant allemand dont Binet vient de nous ex[)Oser l’opinion est en eiîel très sévère contre l’hypnotisme, et il n’hésite pas à le réprouver. Il n’y voit pas seulement une inîliience [)hysique nuisible, une influence psychi(|ue dangereuse, une diminution dans la force de résistance du cerveau, une tendance à faire dumalheureuxsujet une victime des impulsions et desinfluencesqu’il n’a plus la force d’écarter, il croit y reconnaître aussi
. * D** Binet, La suggestibilité, p. i, 2^2.
une violation de la di{,unlé Inimaine, un outrage à la morale, unealleinlegrave.à notre personnalité.
Il écrit ;« La législation actuelle ne tolère pas l’esclavage : elle ne l’admet pas meme et a juste titre dans les cas ofx x|uel<|u’un sc déclare prêt à se faire librement l’esclave d’autrui. Sans doute, la dépendance dans la<piclle riiypnotisé se trouve à l’égard de l’iiypnotiseur n’est (pi’un esclavage à tem|)s, mais, tant (pi’ellc existe, elle constitue uu esclavage avec circonstances aggravantes, parce (pi’elleenlève à l’esclave, non pas seulement le droit d'agir, mais encore la possibilité d’agir sur sa propre volonté. De tous les rapports qui puissent relier riiomme à riiomme, celui-là est le plus immoral <|ui fait de l’un la macbinc de l’autre. Et il n’en est pas seulement ainsi <piand l’homme tleveiiu machine sert à des visées immorales, mais, ce rapport, comme tel, indépendamment de la manière <lont on l’utilise, est immoral. Or, les choses ne changent pas, que ce raj>i>ort soit libre OU forcé dans son origine»
r^a (jiiestion est-elle résolue? Après avoir lu ces textes si clairs, si absolus, après avoir relu ces déclarations des médecins, des physiologistes, des savants les plus compétents, il sembleque Thypnolisme doive être réprouvé,
’ WuNDT, Hypnotisme et suggestions traduction Relier, p. i56. — Nous avons pris nos citai ions dans Isolement et psychothérapie^ par Jean Camus et rhili[)pe Pagxiez, anciens internes de la Salpêtrière.
et que son action néfaste ne fait que de profonds ravages dans le corps et dans Tàme du malade hypnotisé.
Mais si vous parcourez la Reme de Vhypnotisme du Bérillon que nous avons sous les yeux ; si vous lisez Bernheim, Liébeault, Delbœuf, vous apprendrez qu’un nombre considérable demédecins,parmi lesquels nous trouvons des praticiens célèbres, sont d’une opinion contraire ; ils se fél ici lent, au cou traire, de recourir à cet hypnotisme où Binet reconnaît uneméthode de premier ordre pour la pathologie mentale, et ils obtiennent, par la suggestion, des guérisons et des résultats (jui paraissent extraordinaires.
« J’en appelle, dit Bernheim, aux nombreux élèves et confrères qui, depuis de longues années, m’ont fait l’honneur de suivre ma clinique. Si vousavezvu unseulfaitquiatteste un inconvénient sérieux de la méthode suggestive bien appliquée, dites-le! J ai bien des névroses guéries, je nen ai vu aucune provoquée par la suggestion! T ai vu bien des intelligences restaurées et rendues à elles-mêmes, je nen ai vu aucune affaiblie par la suggestion. »
Le Bernheim cite les savants praticiens et professeurs dont les noms figurent, d’ailleurs, parmi les collaborateurs de la Revue de l'hypnotisme, et il ajoute : Ni les docteurs Liébeault, Dumontpallier, Dejerine, Auguste Voisin, Bérillon, Porel, Ladame, ni les professeurs Ebing, de Vienne, Hirt, de
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Breslau, Tukey, de Londres, Yan Eedeii, d’Amsterdam, ÂIoll, de Berlin, ni tantd'autres qui suivent les errements de notre école et font de la suggestion tliérapeutique, nont m sur des milliers de sujets le moindre inconvé^ nient sérieux en résulter k »
Dans une des dernières séances de la Société dhypnolog'ie et de psychologie, présidée par le Voisin (août 1904 ), le D^ Damoglou insistait sur la valeur thérapeuticjue de la suggestion hypnotique et de la psychotérapie : « L’hypnotisme, disait ce docteur, sous le contrôle de la médecine, de la [)hysiologieet delà psychologie, est devenu une branche de la neurologie; il est un élément de premier ordre en thérapeutique; bien appliqué, il soulage toujours,guérit souvent, et ne nuit jamais, témoin l'es observatioiîs suivantes ^ »
On vient d’ouvrir à Moscou des infirmeries pour le trailemcnthypnotique de ralcoolisine: les guérisons se sont élevées à 5o 0/0 : « Il est venu une telle quantité de personnes, écrit le D' Orlitzky, de Moscou, désireuses de guérir, qu’on a été obligé de donner des numéros, et que, troismoisà l’avance, toutes les heures de consultation étaient retenues. Durant six mois environ,5oo personnes se sont adressées à la direction de l’infirmerie, et plus de 100 personnes attendent leur tour. On sepro-
Bernheim, suggestion,psychothérapie^ p. 672.
2 Revue de Vhypnotisnie, août, 1904, p. 4 ^-
l'ïl
pose d’agrandir cette entreprise et d’y appeler de nouveaux médecins. »
Il nous serait facile de reproduire un nombre plus considérable de témoignages, aussi décisifs, en faveur de l’hypnotisme, ces témoignages et les faits qui les justifient remplissent les revues spéciales; ils nous viennent des savants les plus sérieux et les plus estimés, de France et de l’étranger.
Celui qui découvrirait le moyen d’obtenir les effets heureux de l’hypnotisme et d’en éviter les inconvénients, sans endormir le sujet, sans porter atteinte à sa raison et à sa volonté, par une action naturelle et intelligente sur l’imagination du malade, celui-là rallierait tous les suffrages et ferait disparaître les scrupules légitimesde certains théologiens. On croit avoir trouvé ce moyen, c’est la psychothérapie.
Vous savez comment procède l’hypnotiseur :
10 il endort le malade, et le prive momentanément de sa raison et de sa volonté; 2 ® par le geste ou la paroje il fait apparaître dans son cerveau une image sensorielle, un personnage, une scène, un bruit; 3^ il donne à cette image la plus grande intensité par la suggestion répétée; 4° le malade, privé de sa raison et de sa liberté, n’a plus la puissance de contrôler la valeur de l’image auditive ou visuelle et de se rendre compte de son impression ; c’est l’image qui, devenue souveraine, détermine l’hallucination, et imprime un mouvement profond à l’organisme tout entier.
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Le i)sycliolliérapeule (médecin qui traite par riiiflueiice de Tespritsur le corps) procède autrement. Il n’endort pas le sujet, il ne contis(iue ni sa raison, ni sa volonté, il n’essaie pas de faire nailre une image brutale et vio- Icnle dans son cerveau, llseconlenle d’isoler le malade, de le soustraire à toutes les influences qui ont contribué à lui faire perdre ré(|uilibre moral, de lui prescrire le repos et la suralimentation, il a recours, enfin, à une persuasion lente et progressive pour faire concourir toutes ses forces vives et latentesau rétablissement de sa santé.
Le psycliotliérapeute agit donc, lui aussi, sur rimagination, mais il le fait autrement que l’hypnotiseur. Ladifférence de traitement est fondée i^r la différence qu’il est facile de reconnaître entre la suggestion et la persuasion. Quelle est cette différence? Essayons de la déterminer.