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CHAPITRE PREMIER

LE FANTOME HUMAIN ET l’ÉlECTUICITÉ

En 1608, Mgr Frémiol, archevêque de Bourges, chargé par l’assemblée du clergé de France de faire la remontrance solennelle à Henri IV, exprima celte singulière opinion du peuple hébreu :

(( Les secrets théologiens des Hébreux ont inventé que Pâme est attachée à son corps par un esprit qu’ils appellent en la langue sainte Nephes : et, ce mot, par une transposition de lettres, en fait un autre qui signilie douteuse lumière. Ils ajoutent que, quand ràme doit dire le dernier adieu à son corps, cet esprit se répand au deliors, et que c’est l’ombre de ridole qui, ne pouvant oublier son ancienne

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demeure, se montre souvent auprès du sépulcre, où ses reliques et ses cendres reposent.»

Les Indous enseignent, avec les panthéistes, que le fluide astral dont toutes les parties de l’univers sont pénétrées forme la substance de ce corps qui serait en nous, et que nous ne voyons pas. Les Egyptiens le nommaient la Jorme qui sort, faisant ainsi allusion, sans doute, aux cas de dédoublement qu’ils avaient observés. C’est le périsprit des adeptes du spiritisme, ou le corps fluidique qui forme le double denotre corps matériel. Par une déduction très erronée, certains psychologues ont essayé d’identifier ce prétendu corps psychique avec le corps glorieux réservé aux bienheureux, dans la gloire surnaturelle. Mais, cette identification ne repose sur rien : elle supprimerait, d’ailleurs, la distinction des bons et des méchants, des élus et des réprouvés, puisque tous les hommes, sans distinction, d’après ces fausses théories, auraient leur corps astral.

Ce n’est pas pour expliquer l’union de faîne et du corps que l’hypothèse très ancienne que nous exposons a été inventée. Elle n’a rien qui rappelle le médiateur plastique de Cudworlli, l’harmonie préétablie de Leibniz, les causes occasionnelles de Malebranche, le principe vital de Lordat et de l’école médicale cle Montpellier. L’Ame est la forme du corps, elle est le princi|)e immédiat de la vie végétative, animale, intellectuelle et morale de l’homme. Avec le corps, elle forme le composé humain

dont il n’esl pas permis de briser l’unitc, INIais, le corps ne se composerait pas seulement des os, des muscles, des nerfs, des liuineurs, de la chair, du sang : il comprendrait aussi un fluide placé sous la domination de Tàme. Ce fluide, attaché aux nerfs dans leur étendue et dans leur profondeur, se manifesterait par les larges eflluves enveloppants du corps humain, il rendrait même lumineux notre corps, dans des circonstances rares que la science essaie aujourd’hui de déterminer.

L’unité du composé humain est admise : elle n’est donc pas ici en question, et nous l’écartons de ces recherches sur le fantôme des vivants. La question se pose ainsi : l’âme qui possède la puissance de faire son corps, n’at-elle pas aussi la puissance dans certains cas, et par la permission de Dieu, de se faire un spectre ou un fantôme, par lequel elle manifeste sa présence aux vivants?^

Ou prend-elle les éléments de ce fantôme?

Après avoir recueilli des faits certains, nous exposerons les principaux systèmes par lesquels des psychologues expérimentés ont essayé d’expliquer scientifuiuement les phénomènes d’apparition dont la réalité nous parait incontestable.

Nous discuterons, enfin, ces systèmes et ces opinions, ou plutôt ces efforts trop souvent déçus de la pensée humaine pour expliquer des faits qui découragent notre curiosité, en fuyant sans cesse devant nous.

Le personnageinconscient,distinclet séparé

de notre moi, n’existe pas, nous l’avons démontré; le fantôme existe-t-il? Est-il en nous, est-il autour de nous, est-il soumis aux lois physiques générales qui maintiennent l’ordre et l’harmonie dans l’univers?

Serions-nous victimes d’une invincible hallucination?

Ce que nous appelons notre fantôme, les psychologues anglais l’appellent le double :

<x Je crois qu’il y a en moi quelque chose de personnel, et que ce quelque chose est capable de se dégager et de se manifester hors de mon corps vivant. Je l’appelle mon double.

Et je crois que cette chose qui est personnelle en moi, survit à la désagrégation même des atomes, à ce que nous appelons la mort, et peut, en se dégageant finalement, se manifester hors de mon corps, et indépendamment de lui. Gela c’est mon esprit. Donc, la même chose, la pensée si vous voulez, sous deux formes distinctes, le double et l’esprit*.

Plus précis, les psychologuesnecommettent pas l’erreur de confondre l’àme et le double, ou l’esprit et le fantôme. L’àme est absolument immatérielle, elle est le principe de phénomènes distincts, particuliers, déterminés, et le double est sous sa domination, comme le corps dont elle est la forme et le principe de

‘ P. Haweis, Forlnyghtly Review. Janvier 1893.

vie. Le double, au contraire, n’est pas absolument immatériel, il possède une (orme iluidique sensible, et il n’est pas le principe de la pensée, de la sensibilité et de la volonté. Il est donc essentiel de ne pas confondre le double et l’esprit. Citons quelcjues faits bien observés.

« Une personne, dont je puis répondre, écrit Mistress Growe, servait chez un colonel M...

La maison qu’il habitait avec sa famille était à l’un des bouts de la ville, entourée d’une prairie. Un soir que le colonel ne dinait pas chez lui et que M... était seule avec son üls, âgé de douze ans, et Anne, la servante, M™® M... appela celle-ci et lui montra un soldat qui se promenait de long en large dans une cour de derrière où séchait du linge étendu sur des cordes.

« S’étonnant fort de le voir là, elle pria Anne de rentrer le linge, craignant que cet homme n’en volât. La servante hésitait, effrayée, mais M™® M... promit de rester à la fenêtre ; alors, elle alla vite enlever le linge en tournant te dos au soldat qui se promenait toujours sans s’occuper d’elle, le moins du monde.

« Le colonel étant rentré, le mena

aussitôt à la fenêtre, ne pouvant comprendre pourquoi cet homme se promenait de long en large et Anne ajouta en plaisantant : a Pour moi, je crois que c’est un revenant. » Le colonel répondit qu’il allait voir cela.

« Il appela un gros chien qui était couché

dans la chambre, et, suivi de son petit garçon^ qui demanda à l’accompagner, il sortit de la maison et s’approcha de l’etranger.

a A sa grande surprise, le chien qui était très brave, recula et sauta pour rentrer à travers la porte vitrée de la maison, jetant au i loin mille éclats de verre. — Cette porte avait été fermée par le colonel. |

« Le colonel avançait, en interpellant l’homme sans en recevoir de réponse. S’irri- i tant, entin, il leva une arme qu’il avait appor- ; tée, disant : « Parlez, ou je tire. » — Plus per- [ sonne : le soldat avait disparu, et l’eniant .1 tomba évanoui. Le colonel le releva, le rap- , porta à la maison, et dit à la servante : ^ « Aniie,vousavez raison, c’était un revenant. »

« Ce fait l’avait impressionné. Il regrettait la façon dont il avait agi, et aussi d’avoir emmené son fils, ce (|ui, pensait-il, avait pro- , bablement empêché une communication.

(( Afin de réparer, s'il était possible, cette erreur, il sortait tous les soirs, et se promenait au même endroit dans l’espoir que le spectre reviendrait. 11 dit, enfin, l’avoir revu, et lui avoir parlé, mais, il ne voulut jamais répéter cette conversation, pas même à sa femme.

L’effet produit sur son caractère par cet événement fut remar(jué de tous ceux qui le connaissaient. 11 devint grave et pensif, et semblait avoir passé par quelque étrange expérience. La servante qui me fit le récit est maintenant une femme d’âge mûr. Elle avait environ vingt ans quand la chose arriva; elle

appartient à une famille des plus respectables, et a toujours été d’une véracité inattaquable^ ».

Le Werner raconte que le baron Von O.

avait été envoyé à Paris, pour ses études, mais formant de mauvaises liaisons, il les néglig*ea et devint très dissipé. Il n’écoutait pas les conseils de son père, et ne répondait pas à ses lettres. Un Jour, que le Jeune baron était assis tout seul, sur un banc du bois de Boulogne, et qu’il s’était mis à rêver, il aperçut, en levant les yeux, la forme, le fantôme de son père au-dessus de lui. Croyant que ce n’était qu’une simple illusion spectrale, il frappa l’ombre avec sa cravache, et elle disparut.

« Il reçut le lendemain une lettre qui le priait de revenir immédiatement s’il voulait revoir son père vivant. Il partit, mais il trouva le vieillard dans sa tombe. Ceux qui l’avaient entouré dirent qu’il avait gardé toute sa connaissance et avait eu un grand désir de voir son fils. Cependant, il avait eu un peu de délire, tout de suite après avoir exprimé ce désir, car, il s’élait écrié : « Mon Dieu! il me <( frappe avec sa cravache! » et avait expiré aussitôt^ »

« Récemment, un régiment en garnison à la Nouvelle-Orléans s’était construit une cantine provisoire, avec une porte spéciale

* Mistress Growe, Les Côtés obscurs de la Nature y p. 3o8

- Id., ibid.y p. 182.

pour les ofliciers à une de ses extrémités, et une porte sépçirée pour le cantinier, à Tautre extrémité.

<( Un jour, deux des officiers jouaient aux échecs ou aux dames, l’un faisant face au centre de la pièce, le second lui tournant le dos : « Dieu me bénisse! mais voilà sfirement « votre frère! » s’écria le premier; l’autre se retourna avec empressement, son frère étant alors, comme il le croyait, en Angleterre.

« A ce moment, le fantôme ayant dépassé l’endroit où les officiers étaient assis, ne se montrait plusque de dos. — « Non, répondit-il, (( mon frère n’est pas dans ce régiment, ceci (( est l’uniforme de la Riffe-Brigade. Mais, par a Dieu, c’est pourtanl, mon frère! ajouta-t-il », en se levant précipitamment, et en poursuivant l’étranger, quitournalatète,àcemoment, et le regarda, puis disparut tout à coup d’une façon inexplicable, du côté du cantinier.

« Pensant qu’il était sorti par là, l’officier continua à le chercher, maisil demeura introuvable, et ni le cantinier, ni ceux qui l’entouraient ne l’avaient aperçu.

«Lejeune homme était morlà ce moment-là, en Angleterre, après avoir changé de régiment et être entré dans la Rifle-Brigade*. »

Les faits de ce genre, attestés dans tous les temps et dans tous les pays, sont innombrables. « Le témoignage prouve, écrit Gurney, que

* Loc. cit.y p. 1^2. Cf. Les Hallucinations télépathiques^ par Gurney, Myers, et Podmoue. Traduit de Phantasms of ihe Iwing, par Marillier.

les personnes (jui traversent quelque crise grave, ou qui vonl mourir, apparaissent à leurs parenls et à leurs amis, ou se font entendre par eux, avec une fréquence telle, que le hasard seul ne peut expliquer les faits.

lin présence de la masse des faits de ce genre qui ont été recueillis, constatés scientifiquement, classés par des hommes dont il n’est permis de suspecter ni la valeur intellectuelle, ni la bonne foi, il n’est pas permis d’en appeler au hasard ou à l’hallucination.

Très souvent le sujet qui voit le fantôme se trouve arraché brusquement à d’autres préoccupations, à d’autres pensées par l’apparition du fantôme qui s’impose à son attention. Ce n’est donc pas le sujet qui, par une concentration particulière et puissante de son attention sur une personne ou sur un objet, arrive à se faire illusion et à croire qu’il voit ce (jui n’existe pas. Le sujet est passif, il ne pense à rien, ou il pense à autre chose; c’est une cause extérieure, inattendue, qui le saisit, s’empare de son esprit, élargit le champ de sa vision, et lui apparait pour l’avertir, ou pour lui dire un suprême adieu.

Il est donc incontestable que le sujet se trouve en présence d'une réalité objective et que c’est bien la personne qu’il a connue, qu’il connaît, qui lui apparaît dans une vision troublante. Elle exprime j)ar sa physionomie silencieuse, par son état réel au moment de l’apparition, la tristesse, la souffrance, une

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blessure, un désir violent. Si elle agite les lèvres, elle ne provoque aucune vibration, elle ne parle pas, ou elle ne se fait pas entendre. Elle s’évanouit, et ne réparait plus.

Un fait étrange signalé par tous les écrivains qui ont étudié ces ({uestions, et en particulier par Gœrres dans son grand ouvrage sur la mystique, c’est que les animaux voient distinctement rap[)arition, mème(juandrhomme ne la voit pas, quand il devine seulement une présence invisible par des bruits ou des coups. Invariablement, les chiens, même les plus féroces, n’osent pas aboyer, ils rampent, fuient et vont se cacher.

Cette réalité qui se fait voir un instant avec le signalement exact de la personne absente ou éloignée que l’on connaît, ce n’est pas le corps en chair et en os de cette personne, c*est son image. En effet, le corps réel ne quitte pas le lieu, la place où il est attaclié.

On le voit, on le touche; il est entouré de serviteurs ou d’amis qui peuvent constater sa présence: il est, le plus souvent, plonge dans un profond sommeil, tant que dure l’absence nécessaire à l’apparition.

C’est donc bien le fantôme du vivant qui, par une permission de Dieu, et selôn des lois providentielles, apparaît à d’autres vivants.

Nous pourrions citer encore un grand nombre de faits ou d’apparitions recueillies par des témoins sérieux dans des ouvrages récents qui traitent spécialement de ces ([uestions. Il nous parait plus sage de se borner

et de choisir. Nous avons écarté les apparitions qui avaientmanifcstementun caractère préternaturel, ou démoniaque, ou divin.

Par quels systèmes, ou par quelles hypothèses a-t-on essayé d’expliquer ces apparitions? Que faut-il penser T O du corps électrique, 0.^ du corps Iluidique, 3 ^^ de la force psyclnque, 4 ® du corps phosphorescent?

Sommes-nous enfin renseignés sur la nature du fantôme des apparitions?

Il est démontré que notre organisme projette du fluide électrique en petite quantité. Les expériences de Tarchanoffet de Reichenbach ne permettent pas d’en douter. Que l’homme, (ju’un sujet se trouve un instant dans certains étatsanormauxoupathologiques.lesdécharges deviendront beaucoup plus fortes, et rendront ce fait plus évident.

Ces memes expériences de TarchanofT ont permis aussi de reconnaître que nos actes intellectuels, volontaires, psychiques, sont accompagnés de phénomènes électriques cutanés ou de décharges électriques, aussi bien que nos actes nerveux. Ce fait a une grande importance au point de vue de l’action à distance ou de la télépathie.

Que ce dégagement d’électricité soit l’efTet d’une liaison anatomique entre les centres nerveux de ta sensibilité, de la volonté, de

rintelligence, et les centres nerveux des glandescutanées, ou que l’activité desglandes soit, au contraire, l’effet du dégagement de rélectricité, nous n’avons pas à nous en occuper; cette question n’intéresse pas la psycliologie.

Ces rayons électriques de notre organisme se propagent en ligne droite, d’après les expériences de Hertz; ils se réfléchissent, se polarisent, se réfractent, comme tous les corps lumineux.

D’où nous pouvons conclure que nous possédons dans notre organisme une source de chaleur, de force et de lumière, qui peut, dans certaines circonstances, sous l’influence de causes déterminées mais toujours naturelles, donner lieu à des phénomènes lumineux, dans notre corps, à sa périphérie, autour de lui.

L'existence de cette source d’électricité est plus facile à reconnaître chez les poissons dont nous avons déjà parlé. Dans la Méditerranée, dans la mer des Indes, dans le Nil, on trouve des poissons munis d’un organe électrique, d’un lobe électrique qui remplit les fonctions de condensateur ou d’accumulateur de fluide, et, ce qui est plus remarquable, c’est que cet organe est sous la dépendance de la volonté. Quand l’animal est excité ou irrité, quand il veut engourdir ou tuer son ennemi, il lance jusqu’à luiune forte décharge électrique. Les commotions du gymnote sont assez fortes pour renverser un cheval.

On a observe « que l’organe électrique de ces poissons, une fois chargé, peut conserver longtemps le pouvoir de fournir de l’électricité, car un fragment cubique détaché de l’organe donne, pendant vingt-quatre à trente heures, une déviation constante d’un rhéoniètre à 24.000 tours* ».

Sous l’influence d’un régime alimentaire très sévère, de l’usage de certains narcotiques, d’une vie longtemps contemplative, de pratiqueshypnotiquesrépétées,d’un système nerveux plus développé^ certaines personnes acquièrent, elles aussi, lapropriétédeprojeter violemment, au deliors, le fluide électrique, et de produire quelques pliénomènes merveilleux.

D’après Fugairon, cette propriété ne serait pas plus rare chez l’homme que chez certains animaux; elle ferait partie de notre nature physique ou de notre organisation.

« La cause psychicjue qui est en nous(ràme) ne produit ni la chaleur animale, ni l’électricité animale; elle ne détermine ni la translation de la matière, ni le mouvement d’association des molécules. Tout cela s’opère dans les êtres vivants par les mêmes causes et d’après les mêmes lois (pie dans le monde physicpie. Leprincipede la conservation de l’énergie, dumouvement, qui régit lanatureentière, se vériüe également chez les êtres organisés.

iMais si la causepsychi(}ue ne produit pas le

‘ Fugairon, Essai sur les Phénomènes électriques des Etres ^>wants.

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mouvement, elle le modifie, elle le diri|re suivant des idées, des images, des émotions, des désirs, et c’est ce pouvoir directeur ((ui différencie surtout les phénomènes vitaux des phénomènes purement physico-chimiques.

Les mouvements électriques des cires vivants sont donc dirigés comme tous les autres, tantôt d'une manière inconsciente, tantôt d'une manière consciente; ils peuvent être soumis à la volonté, ainsi que nous le vérifions à chaque instant, dans les contractionsmusculaires, comme nous l’avons vu dans les décharges extérieures des poissons électriques. C’est là uniquement ce qui fait tout le merveilleux des phénomènes dus à l’électricité des êtres vivants. Supprimez dans ces phénomènes l’action de la cause directrice et vous verrez qu’ils ne diffèrent pas ou presque pas des mêmes [)hénomènes dans les corps bruts ^

Or, l’électricité produit les effets les plus bizarres, les plus étranges, sans nous révéler jamais sa nature intime: ainsi dans les oraf^es où elle agit par grandes masses, elle produit ces images fùlgurales, aéro-électriques, dont les savants ont clierché longtemps l’explication. Santini cite un grand nombre de faits de ce genre empruntésà des documents certains.

Des moutons sont frappés par la foudre à Combe-Hay, en Angleterre; on les dépouille et l’on observe sur le côté intérieur de la peau

^ Op, cit.

on sur la cliair musculaire l’exacte reproduclion du paysage d’alentour, avec ses chênes, ses noisetiers et les accidents du terrain. Un jeune homme, foudroyé à Cuba, porte sur le côté droit du cou Timage d’un fer à cheval cloué contre une fenêtre voisine. Un enfant, écrit Raspail dans la Reme complémentaire des Sciences appliquées, i 8 o 4 - 55 , t. 11 , p. 282, était monté sur un peuplier d’ilalie pour y dénicher un nid d’oiseau : la foudre éclate, l’enfant est frappéeet jeté sur le sol, on trouve sur la poitrine le décalque du peuplier, du nid et de Uoiseau.

Le Cosmos rapporte qu’en septembre i 85 ;;, en Seine-et-Marne, une paysanne gardant une vache est frappée de la foudre, en même temps que l’animal. On relève cette femme et l’on trouve sur sa poitrine l’image de la vache parfaitement gravée.

« Parmi ces faits, écrit Santini, il s’en trouve éviden^ment beaucoup où Ton peut reconnaître un transport de matière produit par l’électricité, comme cela a lieu dans l’expérience bien connue où la décharge d’une bouteille de Leyde volatilise une feuille d’or dont les particules, pénétrant à travers les découpures d’un poncif quelconque, en impriment la reproduction surunefeuilledepapier.

« On a constaté la volatilisation de bijoux métalli(|ues, de montres, déchaînés, depièces de monnaie, etc., avec transport de matière sur la peau des foudroyés, au travers des vêtemen ts, sans que ceux-ci en portent aucune

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trace; mais crautres faits établissent que, sous rinfîuence d’un formidable effluve électrique, la peau et la partie des muscles immédiatement sous-cutanés peuvent devenir photogéniques ; leurs molécules superficielles peuvent s’orienter suivant une image ayant formé écran au passage du rayonnement fulgurant (comme l’image d’un objet qui rayonne sur la plaque sensible de la chambre noire en polarise à sa ressemblance les molécules superficielles), et peuvent en meme temps conserver cette orientation (développement et fixage photographiques) par reffel chimique de cette radiation fulgurale.

(( Et, ici encore, l’image, produite par les rayons obscurs accompagnant l’éclair, ne sera que la silhouette de l’objet imprimée »

Ces observations ne permettent pas de conclure que nous avons un corps électrique, intermédiaire entre l’âme et le corps vivant, et principe de (juelques phénomènes extraordinaires de lévitation et de mouvement. Il faut éviter ces exagérations de langage. 11 résulte simplement de ces observations qu’il existe entre notre système nerveux et l’électricité tout un ordre de relations et de phénomènes qui ont un caractère insolite, extraordinaire: éternel sujet d’études pour l’observateur et le philosophe! Mais ces relations et ces phénomènes n’appartiennent pas encore à la catégorie de l’extra-naturel.

* Saintive, Etude sur les images photofulguralcÿ.

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