TROIS ÉTATS A ÉTUDIER
que celles qui règlent l'action de l'esprit sur ces même images groupées suivant un plan voulu, dans un ordre rationnel. Nous n'avons guère qu'à développer et à expliquer ces lois fondamentales.
Mais la spontanéité de l'imagination — dont nous devons parler tout d'abord — s'exerce sous trois formes ou dans trois directions principales.
1° L'image se mêle aux sensations, aux perceptions, aux jugements de la vie intellectuelle ; mais elle ne fait qu'apporter dans les actes de cette vie des troubles plus ou moins légers, elle ne l'altère ni, à plus forte raison, ne la suspend. C'est là l'état ordinaire du commun des hommes, de ceux-là tout au moins, et ils sont nombreux, qui se laissent conduire par leur imagination un peu plus qu'ils ne la conduisent euxmêmes.
2® L'image ne suspend pas l'action des sens ni celle des autres fonctions de la vie intellectuelle, mais elle en renverse l'ordre normal. Le raisonnement ne rectifle plus les images, il les accepte telles quelles et se met en quelque sorte à leur service pour en tirer des conséquences que l'esprit accepte toujours, elles aussi, si insensées qu'elles soient. C'est l'état de l'hallucination et de la folie.
3** L'image est tellement intense qu'elle suspend véritablement l'exercice des autres fonctions intellectuelles et celui même des sens, de quelques-uns d'entre eux, sinon de tous. Alors se développe comme une vie de l'image, tout à fait séparée de la vie normale ; cette seconde vie cesse et reprend à des intervalles plus ou moins éloignés, les faila c\w\\^ ç,wv^\v
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tuent donnent lieu ii des souvenirs spéciaux qui ne se mélaneent point aux souvenirs de l'existence régulière. C'est là l'état (pl'ori retrouve dans le somnambulisme, YiaTur^ Ou arliËciïl)-daDs l'extase et autres malndies analogues.
Si nous avions pour but principal l'étude de ces derniers étatâ, c'est dans les phénomènes les plus connus de l'imagination que nous prendrions notre point de départ; puis nous irions graduellement jusqu'aux formes les plus extraordinaires où des causes exceptionnelles et des maladies toutes particulières les font arriver.
Nous ne renonçons pas à user quelquefois de cette méthode, qui devra n()us rendre des services.
Mais ici, ce que nous voulons approfondir, c'est l'imagination proprement dite. Nous commencerons donc par l'examiner dans son état le plus saillant, là où abandonnée toute à elle-même, elle n'est ni éclipsée par les impressions actuelles de la nature, ni disciplinée par les efforts de la raison. Ce qu'elle contient, pour ainsi dire, de force propre et intrinsèque et ce qu'elle renferme de dangers devra nous apparaître avec autant de relief et de clarté que si nous regardions sous un verre grossissant. La fonction exagérée et isolée des autres fonctions nous mettra mieux en garde contre les sourdes tendances, contre les emportements possibles, les menaces cachées et les tentatives de révolte de celte puissance mystérieuse. Dans la vie psychologique, comme dans la vie du corps, la santé et la maladie reconnaissent ccr aines lois communes : la pathologie ne rond pas à