Ouvrage cité, p
SO L'INAlilNATION.
On appelle tantôt inagnëtisme', tantôt mesmérisme', tantôt (c'est là son vrai nom) somnatnbulisme artificiel, un état extrêmement voisin de celui que nous venons d'examiner. Quelques charlatans ont pu faire accepter de la crédulité populaire que la seule fascination de leur regard plongeait à volonté une personne quelconque dans un sommeil fécond en actes merveilleux ; à les en croire, leurs atlouche-" ments et leurs passes pénétraient de leur inHuence irrésistible les sujets élus, et transformaient avec une prestigieuse magie leurs facultés physiques et intellectuelles. Noua pouvons à ces prétentions opposer, non pas un traité positif, complet, de la matière, mais un nombre très suffisant, croyons-nous, de faits scien* tifiques.
D'abord, dans ce somnambulisme artificiel, tout n'est pas arlificiel. Le prestidigitateur nous dit qu'il faut avoir la foi : traduisez qu'il faut avoir le système nerveux préparé par un trouble assez profond. Il y a plus. Tous les médecins qui se sont sérieusement occupés de cette question souscriraient à ces paroles de cet esprit si ouvert, de ce critique si fin, de cet observateur si pénétrant qu'on appelait le docteur Cerise : « J'ai dit et je répète que pour èlrc provoqué, le
1 . De magnes, en grec, iiiyi-n^ BÛnant. Ce mot a d'uboi-d Aist^né U aciencc dte pliénomËnei des aïniHata. Par eitension, nn appels magnétisme animal ou aiiiiplement nugnélismc l'ensemble de pratiques dnnl nODi allopa perler, et dont tes ctfela sur le corps htmiain funmt, dans l'origine, comparas à ceui des aimaats.
1. Du nom de Mesmer (n£ eu 1733, mort en 181S), qui fut le prâneur de celle tbéorle, dite le magnétisuic animal. Vojei lin) trarail lie H. E- Bereol, Marner et le magnéUtmv animal.
somnambulisme, tel que je le connais, doit être, chez le sujet déjà malade, à Tétat de prédisposition imminente, tellement imminente qu'il puisse à chaque instant se produire spontanément; alors il suffit d'un rien pour le provoquer*. » Comment, par quel mécanisme physico-psychologique la crise somnambulique peut-elle être hâtée par l'industriel qui l'exploite ou le savant qui l'étudié, c'est ce que nous chercherons plus tard à expliquer. Pour le moment, nous pouvons accepter comme un fait, sur une autorité médicale plus que suffisante, qu'un rien suffit pour la provoquer.
Ces deux somnambulismes, l'un tout à fait spontané, l'autre provoqué, présentent certains caractères communs sur lesquels tout le monde est d'accord. Dans le second, comme dans le premier, il y a, non seulement aptitude à marcher et à parler tout endormi, mais suractivité de l'image, obtusion complète de quelques sens, hyperesthésie de quelques autres, sensations toutes spéciales, suivant la prédominance d'un système d'images ou d'un autre. Voilà qui a été parfaitement vu, et qui est parfaitement entendu ; ce qui vient encore bien à l'appui de la formule du docteur Cerise.
Le somnambulisme provoqué ou artificiel n'offre* t-il pas des phénomènes d'un ordre plus extraor» dinaire?On en a cherché; mais de ceux qu'on a pu authentiquement constater (et nous ne parlons natu* Tellement que de ceux-là), il n'en est pas un, croyons-