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et dans les nations fanatiques de l*lnde iiiahamétans ou bouddhiste. Or, paKout c'est par les mêmes pro» cédés qu'on la provoque : danses tourbillonnantes^ son prolonge du tambourin, cris et ehants monotones^ ajoutez-y quelques substances soi-disant magiquei niais qui sont simplement des narcotiques, comme venin du crapaud'. Ce sont là autant de causes q fatiguent la sensibilité, snns lui permettre toutefin le bon sommeil ordinaire, cl qui, surtout par la répi tition ou la prolongation d'une même sensation soi pie, boniogène, continue, ferment peu a peu les itai à tous les phénomènes du dehors et chassent de Ve piit toutes les pensées qui l'occupaient. De là réad tent bientôt l'insensibilité du corps entier a la doi leur physique, une sorte de rigidité cadavérique ai muscles et la possesi^ion de l'esprit par une imag unique, exclusive et intense.
II paraît encore que l'Immobilité absolue avec 1 regard Usé sur un mému point produit les mêmea r^ sultats. Fleurj, dans son Histoire ecclésiasUqvér. rapporte les préceptes suivants d'un certain moine dg moyen âge, appelé Siméon : « Étant seul dans ta celc Iule, ferme ta porte et t'assieds en un coin. Élève toijb esprit au-dessus de toutes les choses vaines et passa gères ; ensuite appuie ta barbe sur ta poitrine. Tournai les yeux avec toute ta pensée au milieu de ton ventrejj c'est-à-dire au nombril. Retiens encore ta respiratioa^
1. Et baaircoup daulrci drujçues dont le; furmulci compliqu retraUTont dans une loale d'éci'its du moyen âge, Gomme dni liiditioiis des peuplades sauvages.
a. L. XCV, tb, m.
même par le nez. Cherche dans tes entrailles la place du cœur où habitent pour l'ordinaire toutes les puissances de l'âme. D'abord tu y trouveras des ténèbres épaisses et difficiles à dissiper; mais si tu persévères dans cette pratique nuit et jour, tu trouveras, mer- Teilie surprenante, une joie sans interruption. Car sitôt que l'esprit a trouvé la place du cœur, il voit ce qu'il n'a jamais vu. Il voit l'air qui est dans le cœur et se voit lui-même lumineux et plein de discernement. » Tel était, parait-il, le procédé des moines du mont Athos, qu'on a appelés du nom caractéristique d'omphalo-psychiques. Ce procédé, nous ne le recommandons pas à tout le monde. Il est évident que, si vous ou moi, qui vivons au dix-neuvième siècle, qui avons l'esprit occupé du matin au soir de choses positives, nous voulions, par curiosité ou pour tout autre motif, essayer d'entrer de cette façon dans la région de l'extase, nous ne serions pas longtemps avant de nous endormir tout simplement ; ou bien nous trouverions notre attitude si singulière, qu'involontairement nous partirions d'un éclat de rire qui dissiperait toute la magie. Mais les personnages dont nous parlons sont, dans leur vie quotidienne elle-même, des contemplateurs. Quelque chose les soutient puissamment dans les différentes phases préliminaires, c'est une idée fixe depuis longtemps implantée dans leur esprit, et l'attente d'un plaisir qui doit les relever bien au-dessus de leur condition terrestre. A la contemplation fixe et prolongée d'un seul et même objet vient ainsi s'ajouter la contemplation fixe et prolongée d'une seule et même idée. Le plus souvent, ces deux circoivsUivç.^'& ^^wV.
ai L'IMAGINATION,
réunies, mais elles concourent inégalement à la production du phénomène. Les extatiques peuvent donc nous apparaître comme des fanatiques et des malades ou comme des héros et dus saints, suivant que c'est la première ou la seconde de ces deux causes qui prédomine, suivant aussi que la seconde, c'est-à-dire l'idée, a ou n'a pas en elle-même de quoi charmer et émouvoir le cœur, tout en respectant les exigences de la raison.
Quoi qu'il en soit, l'extase constitue évidemment un trouble marqué du système nerveux. Aussi beaucoup d'aliéniatea voient-ils en elle une phase de la catalepsie. Dans celte dernière névrose, qui n'implique en quoi que ce soit d'ailleurs des habitudes contemplatives ou un tour d'idées mystique, les relations avec le monde extérieur sont la plupart du temps suspendues; mais ce n'est pas là le fait le plus remarquable. Le symptôme le plus caractéristique de la catalepsie' est une perturbation du mouvement musculaire qui consiste: \° en ce que les membres peuvent prendre involontairement une attitude contraire aux lois de la pesanteur, se mettre en arcs de cercle, etc.; 2° en ce que le malade persiste passivement, comme un corps inerte, dans l'attitude qu'on lui a une fois imposée. Qu'on lui donne une pose quelconque, il s'y plie et reste tel, tant que dure la crise. Le couche-t-on, il demeure dans l'attitude horizontale. le lève-t-on, il reste debout, et cela pendant dos heures entières.
n est rare que l'extatique n'arrive pas jusqu'à cet
état. Un aliéniste fort connu, M. le docteur Delasiauve, pense que Ton peut marquer ainsi les trois degrés du même mal : extase simple, extase cataleptique ou catalepsie extatique, et enfin catalepsie. Nous savons d'autre part que le somnambulisme peut souvent présenter des accidents cataleptiques. Toutes ces maladies ont donc entre elles une indéniable analogie. « Je vois, dit le docteur Cerise, qu'il existe un certain groupe de névroses extraordinaires ayant entre elles des aftinités étroites et qui se transforment avec la plus grande facilité les unes dans les autres. Ce groupe comprend : l'extase, la catalepsie, l'hallucination dite physiologique, d'intenses et tenaces viscéralgies ou myosalgies, des contractions générales ou partielles, quelques formes de la chorée, le délire hystérique^ et, il faut bien le mentionner, le somnambulisme ou la névrose somniloquente. Rien n'est remarquable comme cette aptitude de transformation, non seulement dans le cours de la maladie générale, mais dans le cours d'un accès*. » Le docteur Mesnet décrit aussi l'un de ses malades a chez qui se présentaient l'extase et la catalepsie, presque toujours associées l'une à l'autre, et tellement unies aux accès de somnambulisme qu'il serait impossible de les en séparer^. »
1. Qui renferme aussi bien des variétés. Par exemple, on appelle aujourd'hui grande hystérie une affection mixte, composée à la fois d'hystérie et d'épilepsie. L'insensibilité y est tantôt complète, tantôt partielle. C'est tantôt un côté, tantôt un autre, mais le plus souvent c'est le côté gauche, qui est fermé aux sensations. L'œil peut même perdre la perception d'une couleur sans perdre, au moins simultanément, celle des autres, etc. V. l'élude du D' P. Richer.