‹ L'Imagination Etude PsychologiqueChapitre 21 sur 81 · Ibid,y année iS6b, page · texte numérisé non relu

Ibid,y année iS6b, page

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Nais revenons-en au lait particulier de l'extase; l'imagination n'y arrive, on le comprend, à cette vi. vacitc prodigieuse, que parce que les autres fonctions se résolvent et tundenl à une espèce d'annihilation. Restée seule active dans un organisme frappé d'inertie, mais appliquant toute son activité à entretenir une image simple et toujours la même, elle parait douée d'une puissance surnaturelle. Mais cette action a été lentement préparée par deux ordres de causes: les unes qui ont amorti l'action des sens et désintéressé l'esprit de tout ce qui pourrait renouveler ou varier son activité; les autres qui, en étiminant peu à peu diverses images, en ont développé une plus habituellement que toutes les autres. A la fin, par un mécanisme dont nous ne connaissons pas très bien tous les ressorts, l'organisation s'y est prêtée; et il arrive sans nul doute que, dans les crises, une partie des hémisphères cérébraux est momentanément paralysée, tandis que toute l'innervation s'accumule en un point donné.

En résumé, l'image n'amve à cette vivacité, stérile d'ailleurs, de l'extase, qu'au détriment des autres fonctions de la vie infellcctuelle et de la vie physique. Est-elle la marque d'un enthousiasme irrésistible, enflammé par le dévouement à une grande œuvre? d'une foi qui, en dehors do ce qui sert directement la cause sainte, ne tient ni à la vie ni même à la pensée? Est-elle le gage d'une ardeur qui sera d'autant plus invincible quand elle pourra se mettre, avec toutes ses forces développées, au service de la religion ou de la patrie? Alors la maladie elle-même prend un

caractère de grandeur touchante et même de sublimité. La nature physique est bouleversée, mais elle l'est par l'action irrésistible de Tesprit et au profit de l'esprit. Ainsi le Sodoma nous a peint sainte Catherine de Sienne. Hors de ces cas extraordinaires, qui se produisent de siècle en siècle, l'extase est une simple névrose : elle est voisine de l'hallucination et de la folie*.

Si ces maladies où l'imagination joue un rôle si remarquable prennent ainsi des formes nombreuses, la science a tout intérêt à poursuivre l'étude des mêmes phénomènes qui se retrouvent dans des circonstances variées. Un cas individuel peut quelquefois ou révéler ou confirmer, par une démonstration intéressante, une loi plus ou moins bien élucidée. Or, il y a quelques années, les journaux et les revues de médecine

i . Des lecteurs allégueront que Textase a pu ou a dû être le résultat d'une action surnaturelle et d'un miracle. Ce n'est pas ici le lieu de discuter cette opinion. Mais que nulle croyance sincère ne se trouve choquée par nos analyses. Ceux qui croient à l'action de Dieu sur les choses humaines ne sont pas obligés de professer qu'elle suspend toate loi naturelle. L'apparition du Labarum a pu être un miracle, cela n'empêchait pas la croix lumineuse de briller d'après les lois de la physique. De même Dieu a pu agir sur ses saints par la maladie en la tournant à des fms surnaturelles et en la laissant toutefois se développer d'après des lois naturelles. Mais ceci relève de la théologie, non de la psychologie.

Il n'entre pas non plus dans notre sujet de rechercher si tous les c états d'oraison » pratiqués par les mystiques rentrent ou non dans ce genre d'extases où l'imagination domine. Il est certain que sainte Thérèse se délie beaucoup de l'imagination et gémit sur le grand nombre de moines et de religieuses qu'elle abuse. Quant à elle, elle se défend vivement de lui rien devoir de bon. Ses visions, celles du moins où elle croit voir de véritables bienfaits de la grâce, sont « de pures visions intellectuelles sans figure et sans forme. » (Voyez P. liousselot, Les Mystiques espagnols^ page 351.) Nous n'avons point qualité pour parler des visions de celte nature.

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ont nimlysé le cas d'un ancien soldat qu'on surnommait à l'hôpilal Sfiint- Antoine ['automate vivant. Cet homme avait fiiil tous les métiers. Il avait été chanteur dnns un café-concert, puis soldat. Il avait été blessé d'un coup de feu à la lète dans le combat de Bazeilles. Une lésion s'en était suivie dans l'héraisphère gauche du cerveau : cette lésion elle-même avait déterminé chez le malade des phénomènes de somnambulisme qui valent la peine d'être analysés et commentés. Nous allons y retrouver la plupart des faits que nous avons cherche à expliquer dans les états, divers en apparence, mais au fond Fort analoj^iicH les uns aux autres, du somnambulisme, du magnétisme, de l'extase.

Voici quelles descriptions furent données de ce curieux sujet' ;

A peu près tous les mois, le nommé F. s'arrête subitement au milieu de son travail. Sans transition aucune, ses sens se ferment aux excitations du dehors : le monde extérieur cesse d'exister pour lui. Cependant il va et vient, se promène, mange, boit, fume, s'habille, se déshabille et se couche aux heures habituelles, comme dans son état normal.

La seusiblité générale a subi une perturbation assez profonde. II ne voit pas, il n'entend pas, il ne sent pas. On peut le piquer ou le pincer impunément. Il mange avec gloutonnerie tout ce qui lui tombe sous la main, bon ou mauvais, avalant les mets sans les mâcher et buvant indifféremment tout ce qu'on lui

ne élude du Journal

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