‹ L'Imagination Etude PsychologiqueChapitre 22 sur 81 · CAS PARTICULIER D'AUTOMATISME · texte numérisé non relu

CAS PARTICULIER D'AUTOMATISME

présente : vin aigre, vin de quinquina, assa fœtida, tout passe sans provoquer le moindre signe d'une impression agréable ou désagréable.

En revanche, le toucher persiste et acquiert même une assez grande subtilité. Il semble que toute la sensibilité se soit réfugiée et accumulée dans Tépiderme, ce qui arrive chez la plus grande partie des somnambules. C'est seulement par ce sens que le sujet reste en communication avec le monde extérieur, par lui que lui arrivent quelques impressions qui, à leur tour, modifient la série d'images auxquelles obéit le mécanisme de son organisation.

Est-il dans son milieu habituel, F. se promène d'une allure tranquille, au point qu'une personne non prévenue ne se douterait guère de la singulière maladie de l'homme qui passe à côté d'elle.

Si on le place dans un milieu qu'il ne connaît pas, si on se plaît à lui créer des obstacles en lui barrant le passage, il heurte légèrement chaque chose, s'arrête au moindre contact, promène les mains sur l'objet, en cherche les contours et le tourne facilement.

Mais use-t-il de ses sensations avec liberté d'esprit? Sait-il les provoquer, comme nous le faisons, en interrogeant, pour ainsi dire, ses propres sens et en réfléchissant? Il ne le paraît pas ; car voici ce que dit une description fort bien faite : « Il n'offre aucune résistance aux mouvements qu'on lui imprime. Si on le pousse, il accélère son pas ; si on le dirige à gauche, il va à gauche; et si on le dirige à droite, il va à droite, comme un automate. » Voila b\eu Y'\weî>ù\'^*

7* LTMAGINATIOS.

Mats il y a plus: c'est encore éTÏdemnient l'image qui cbez lui domine la sensRtion, comme elle domine l'aclivilé. En effet, qn'nne impression lui parvienne piir le toucher : si incomplète qu'elle soit, son imagination s'en empare, elle lu fait enirer dans un rêve, c'est-à-dire qu'elle la développe et la transforme en y ajoiilant des séries d'images avec lesquelles se compose toute une scène que l'octivité locomotrice exécute aussitôt: « Il se promenait dans le jardin de Vhopilal, sous un massif d'arbres. On lui remit à la main sa canne qu'il avait laissée tomber. Il la palpe, promène sa main sur la poignée coudée, semble prêter l'oreille, et tout à coup s'écrie : « Les voilà! ils sont « au moins une vingtaine. » Et alors il fait le simulacre de charger son arme... se couche dans l'herbe à plat ventre, etc. La scène se prolonge un certain temps, l'ancien sergent continuant de faire le coup de feu contre ses ennemis imaginaires. On a pu provoquer à volonté, dans les accès suivants, cette hallucination, résultat singulier d'une illusion du tact, qui, en donnant ii une canne les attributs d'un fusil, a réveillé chez le malade le souvenir de sa dernière campagne. » Une autre fois, on fit naître chez F. l'idée de son ancienne profession de chanteur dans les concerts. « Le malade retourne alors à sa chambre, prend sur sa toilette son peigne, sa glace, se roule les cheveux, brosse sa barbe et procède avec soin à sa toilette. On rHourne la glace sphs dessus dessous, il n'en continue pas moins à se regarder. Puis il prend sur son lit plusieurs livraisons d'un roman périodique sans trouver ce qu'il veut. On roule

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