I. Plularque {traduction» 4'AïnyoO» H^ àe Marcus fijnitus
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que la partie Imaginative de t'homnie est toujours en mouvement, que c'est elle qui enfante les songea, et il ajoute: « Mais encore y a-t-il davantage maintenant en loy, c'est que le corps travaillé tient par nature l'cntendemunt suspendu en transe et en trouble, u H eût pu dire aussi que tout concourait à égarer les sens de son ami, l'heure, la solennité du silence et le contraste d'une faible lumière avec l'épaisseur des ténèbres environnantes.
Il va sans dire enfin que quand ces deux conditions, excitation cérébrale intérieure et suspension des impressions externes, sont réunies, il en est une troisième qui s'y ajoute généralement, c'est l'exercice involontaire de l'imagination et de ia mémoire. Quand nous entretenons librement avec les choses du dehors notre commerce habituel et régulier, noire attention est suflisamment provoquée, elle s'applique aux divers côtés des objets, nous raisonnons sur eux. Si notre ceiTeau fbntionne sans excès d'activité comme sans paresse, nous pouvons encore, à défaut d'objets sensibles et présents, évoquer â volonté des souvenirs sur lesquels nos facultés intellectuelles exercent un travail utile. Supposez que le commerce avec le dehors soit suspendu ou même simplement ralenti, et que, par difficulté ou par mollesse, notre pensée se relâche, sans que pourtant notre activité cérébrale soit arrêtée, notre imagination alors n'a-t-elle pas bbre carrière? Ne sommes-nous pas tout prêts à prendi'e pour des réalités les fantômes qu'elle nous présente, pourvu qu'ils nous agréent ou qu'ils répondent à quelque vive préoccupation? 11 peut se faire encore que la série des
phénomènes commence par l'autre bout. Quand l'esprit, préoccupé, inquiet ou exalté, passionné, en un mot, se noumt trop exclusivement de sa fantaisie ou de son caprice, il tend à voir les choses telles qu'il les désire ou les craint ; il supprime les difficultés, il ne voit plus les contradictions, il méconnaît les impossibilités. Bientôt la raison se désintéresse complètement d'une partie qui se joue en dehors d'elle ou contre elle et dont la sensibilité fait tous lés frais. Alors l'attention se détend, la volonté s'immobilise. C'est donc finalement l'automatisme qui enfante les images, gouverné seulement par la fantaisie dominante ; et tout ce qui flatté cette dernière est accepté.
Ainsi, Thallucination n'est bien qu'une imagination poussée à ses dernières limites, sous l'empire de causes multiples, physiques et morales. Cette parenté se montre bien dans l'analogie des lois qui président à l'une et à l'autre; car, suivant une observation au docteur J.-P. Falret, observation tout à fait d'accord avec nos premières analyses, « l'activité de l'imagination affaiblit la réflexion, par suite l'idée de temps et' d'espace; elle restreint même l'action des sens.... Plus l'imagination se développe, plus diminue la conscience du travail de l'esprit*. »
Que l'hallucination se retrouve dans l'extase et la catalepsie, Esquirol l'affirme', et on peut le concéder sans difficulté. Mais on entend surtout par hallucinés des malades chez qui l'hallucination, se substituant à
1. J.-P. Falret, Études sur les maladies mentales et les asiles d'aliénés, p .276.