L'IMAGINATION DANS LK IIÉVE
s'annonce par des symptômes très divers, sans doute, mais notamment par des rêves bizarres et extraordinaires'. En vertu de la même loi, quand la folie se calme et marche soit à une guérlson dëllnitive, soit à une rémission de quelque importance, le sommeil continue encore à présenter certains caractères pathologiques. Tant que le sommeil ne devient pas plus calme, le médecin doute que l'amélioration signalée dans l'état de veille soit sérieuse cl durable. Les auteurs ont même remarqué que les désordres de la folie sont quelquefois reproduits pendant le sommeil longtemps encore après que la guérison est accomplie.
Il est inutile d'insister maintenant sur celte vérité bien établie, que le sommeil ne diffère des états où l'esprit est le plus troublé que par l'intensité des phénomènes etcsurtout par la durée. Y chercher des songes prophétiques ou une exaltation de la vie intellectuelle serait une tentative chimérique. Mais ce serait une chimère non moins vaine que de demander le génie où l'esprit, ou une augmentation quelconque d'intelligence à des substances excitantes ou îi des drogues comme l'opium et le haschisch. L'étal qu'elles développent n'est autre qu'un sommeil plus agité ou, ce qui revient au même, une folie plus courte et, à la condition de ne pas être trop souvent répétée, moins périlleuse. Dans la grande fièvre romantique, alors que les esprits s'éprenaient, en poésie et ménie en prose, du coloris et de la musique un peu plus que de
1. Vujuz le D' D»goni;l, Nouveau Irailc des maladies jiienlaUt,
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l'idée, alors que le mot seul d'Orient ouvrait de resplendissants minigos, on voulut demander au haschisch une ivresse soi-disant inspirée, qui donnât avec de bel les visions éblouissantes une biiatitude paradisiaque à peu de frais acquise. L'illusion, si tant est qu'il y eût illusion, ne fut pas longue. On ne tarda pas à s'apercevoir qu'il est de la nature de ces ivresses d'exagérer les sentiments, ce qui est déjà un bienfait des plus douteux, mais surtout de diminuer la volonté, ce qui est, il faut bien l'avouer, très peu propice à l'éclosion du génie. Un des plus ingénieux et des plus bigarres adeptes de cette pratique orientale le ruconnaît en termes excellents et avec l'aulorité que lui donnait une expérience assez variée. « Dana l'ivresse du haschisch, écrivait-il, nous ne sortons pas du sommeil naturel. L'oisif s'est ingénié pour introduire artificiellement le surnaturel dans sa vie et dans sa pensée, mais on ne trouve rien dans cette ivresse que le naturel excessif. Le cerveau et l'organisme sur lesquels opère le haschisch ne donneront que leurs phénomènes ordinaires, individuels, augmentés il est vrai, quant au nombre et à l'énergie, mais toujours Gdèles à leur origine. L'homme n'échappera pas à la fatalité de son tempérament, physique ou moral : le haschisch sera pour les impressions et les pensées familières de l'homme un miroir grossissant, mais rien qu'un miroir'. »
Voilà le haschisch sommairement, mais judicieusement apprécié. Quant aux détails de celte ivresse et au