Toifez l'ouvrage déjii cité de U. Horcau de Toui's
États intermédiaires entre la maladie et la santé. — L'imitation irréfléchie. — Les faibles d'esprit. — Les gens crédules. — Les passionnés. — ' Les rêveurs. — L'idée fixe sans folie.
Arrivons aux gens éveijlés. Il en es); qui, tout en restant hors de la folie et même assez loin de la folie, sont atteints d'une certaine faiblesse d'esprit à laquelle l'influence d'imaginations qu'ils subissent et ne savent pas élaborer ne nous semble pas étrangère. Cette influence, dont nous allons chercher les effets principaux dans la vie à peu près normale, peut être temporaire et intermitente ; elle peut être durable : elle peut même persister toute la vie de l'individu.
L'homme, a-t-on dit, est un animal imitateur. Cela est vrai. Il imite et la nature et les actes dé ses sem» blables ; mais il peut imiter de plusieurs façons. Il peut le faire avec réflexion, avec effort, pour son propre intérêt ou pour plaire aux autres ou en vue de son amélioration, soit physique, soit morale. Il peut mêler à son imitation quelque chose de personnel qui Taide,
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il s'en flatte du moins, à surpasser son modèle. Mais il peut aussi S6 laisser aller à imitur sans le vouloir et sans y réflécliir. C'est de ce dernier mode d'imitation que nous voudrions dire quelques mots.
Ce penchant à l'imitation non voulue et non raisonnée revêt lui-même plusieurs formes. Nous citerons d'abord comme étant la moins tenace de toutes celle qu'on a appelée quelquefois du nom de contagion nerveuse. Tout le monde sait que le rire appelle le rire, que la vue du bâillement fait bâiller, que les spectateui'8 de scènes mimiques ou de toute pièce de théâtre, en général, sont portés à prendre eux-mêmes les différentes expressions de physionomie qu'ils voient sur la figure de l'acteur. Yoyons-nous tout à coup des gens courir dans la rue, nous sommes involontairement entraînés k courir comme eux. La vue d'efforts laborieux est toujours pénible, parce qu'elle détermine chez ceux qui les regardent une velléité, un commencement même d'efforts analogues'.
Mais, il convient de l'observer, cette tendance à l'imitation n'a quelque force qu'autant que l'individu
I. a L'audilian du voinissemcnt, du bcgayemcnt, du hoquet, détermine ctiei certains individus des coutrnclians spasmodiques qui produieent des pliénomènea Bsuiblablea. Le bruit que Tait l'émUsioa de l'urine, chassée au dehors par la cantractïiin physiologique de la vessie, déleriainc chez quelques personnes des envies d'urinei' et même la miction : les Toiluriors cmploïcnE ce moyen pour faire uriucr leurs chevaux, U. le D' Jally » cité un individu affecté d'une paralpie ia la vessie, paralysie réfraetaiie à tout traitement, mais <]ui cessait soua l'inHuenee de liruits imilatifi de la miction. Certains anïmaui sont aples à recevoir celte conlagion nerveuse. D'uprùa le témoignage de H. BduUv, û un cheval prend le tic de serrer cunvulsivweat les mâchoires, il u'c^lpus l'arc de voir les autres clievauji de U niâiiie licurïu prendre le méine tic a (0' Despine.) *
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en qui elle se manifeste est oisif, on bien qu'il s'abandonne avec docilité, comme le fait généralement le spectateur dans les théâtres, à la iiympatliie que provoquent en lui les sentiments, les joies ou les douleurs, les actes en6n des personnages de la pièce. Quelqu'un qui médite sa propre pensée avec une certaine application ne s'en laisse pas détourner ai facilement par l'expression des idées ou des passions d'autrui ; souvent même il ne fera que s'y enfoncer davantage. Riez par exemple devant une personne sérieuse qui réfléchit ou qui travaille avec quelque tension d'esprit, vous risquez beaucoup de voir son sérieui augmenter jusqu'à l'ennui ou à l'irritation : elle vous en veut de venir ainsi troubler ses efforts. Avrai dire, cette résistance chagrine et morose atteste bien la réalité de la tendance à l'imitation qu'on a éveillée dans l'individu et contre les sollicitations de laquelle il combat. Mais nous trouvons ici encore une confirmation de cette loi universelle, que l'influence de l'image augmente d'autant plus que l'action de l'intelligence et de la volonté s'affaiblit davantage.
C'est bien en olTet l'influence de l'image qui détermine le penchant à imiter. Nous voyons s'accomplir un acte, un mouvement? Que la perception se prolonge dans l'imagination, celle-ci obsède l'individu qui est naturellement porté (nous en chercherons plus tard les raisons profondes) à mettre ses actes en harmonie avec sa pensée, à exécuter ce qu'il se représente ou imagiae. Or, l'imagination est nécessairement occupée de ce que les sens viennent devoir. Quelques-unes de ces influences se composent d'une (Yuatil.\V.ft c^mx-i.^-
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rabl^ de petites actions qui, incessamment répétées, s'accumulent et créent chez ceux qui les subissent des dispositions durables. « Les passions, dît Bonstetten, sont ce qu'il y a déplus contagieux. Représentées sur la toile ou sur le théâtre, elles sont déjà capables d'entraîner. Combien ne sont-elles pas plus entraînantes encore dans la réalité ! De là les passions nationales. Comment, dans une ville de commerce on dans une nation toute commerçante, échapperait-on à l'amour du gain et au respect pour les ricbesses? Comment, dans une armée pleine de héros, serait-on privé de courage? »
Mais il est aussi des contagions intermittentes qui éclatent comme un mal foudroyant, qui font des ravages épouvantables et qu'en bien des circonstances pourtant un rien pourrait arrêter. On connaît les épidémies des convulsionna ires deSaint-Médard.... H. le docteur Bouchut, dans une lu'ochure intitulée De la Contagion nerveuse, en relate deux qui sont contemporaines. La première eut lieu à Paris, en 1848, dans un atelier de quatre cents femmes, établi dans le manège de M. llopc. Une ouvrière pâlit, perd connaissance, a des convulsions dans les membres avec serrement des mâchoires. En deux heures, trente de ces femmes sont atfectées du même mal. Au troisième jour, cent quinze en étaient atteintes. Toutes présentaient les mêmes symptômes. Elles étaient prises d'étouffcment avec fourmillements dans les membres, vertiges, craintes d'une mort prochaine: puis elles perdaient connaissance an milieu des convulsions.... La deuxième épidémie convulsivc décrit* par le doc-