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au fait (le l'union de l'àine el du corps? M. Darwin lui-même parle de la manière d'exprimer son dédaia en baissant les paupières ou en détournant les yeux, a comme ai la personne que l'on méprise ne valait pas la peine d'être regardée s. N'est-ce donc pas là du symbolisme? M. Darwin ajoute encore ce qui suit : « Aussi, d'après ce que nous venons de voir, le dédain, le mépris et le dégoût s'expriment de bien des manières, par des mouvements spéciaux des traits du visage et par divers gestes; ces mouvements et ces gestes sont les mêmes dans toutes les parties du monde. Ils consistent tous en actes représentant l'expulsion ou le rejet de quelque objet matériel qui nous répugnerait, sans exciter d'ailleurs d'autre émotion énergique; en vertu de la force de l'habitude et de l'association, ces actes s'exécutent toutes les fois que quelque sensation de ce genre prend naissance dans notre esprit'. » Faut-il prendre cela pour une explication? Ce serait se contenter à peu de frais. 11 y a une habitude, sans doute; mais il s'agit précisément de savoir d'oii elle provient. De l'association? M. Darwin, à différentes reprises, lance le mot, mais en passant'; ou s'il donne quelques exemples, il y est uniquement question d'association entre deux faits tous deux physiologiques. Ainsi, ce qui répugne au sens du goût répugne aussi au sens de l'odorat, et réciproquement. Nous prenons donc l'habitude d'associer ces deux répulsions ; et en certains cas, alors même qu'il n'y ait encore que l'un
des deux sens qui se trouve affecté, l'autre prend les devants pour résister aussi à sa manière. Voilà un genre d'association auquel s'applique la théorie de M. Darv^in. Mais ce n'est pas sur ce mode d'associatidn-là, ni sur les mouvements, que nous avons appelés sympathiques, qu'il y a difficulté. Ce que M. Darwin devrait expliquer, et ce qu'il n'explique pas, c'est l'association que l'homme établit entre un état de l'esprit et un état de corps, bien que l'un ne soit pas directement et nécessairement l'effet de l'autre. Là, encore une fois, le symbolisme n'est pas niable. Si nous en établissons un dans la langue quand, pour mieux désigner certains attributs des choses extérieures, nous les supposons douées de qualités semblables aux nôtres, il est certain que la première idée nous en est fournie par l'union intime et la sympathie de notre corps et de notre âme. De la colère, du mépris, du dégoût ou de la satisfaction de l'àme, à la répulsion, au dégoût ou à la satisfaction du corps, il n'y a qu'un pas. Ce pas est nécessairement fait par tout homme qui a simplement conscience de lui-même et de sa complexe nature. Mais il nous aide, une fois fait, à en franchir un autre, c'est-à-dire à nous représenter les corps étrangers comme participant aux passions diverses d'une âme semblable ou analogue à celle qui nous anime. C'est de là que viennent les métaphores dont la langue est remplie. Gratiolet l'a remarqué avec autant d'esprit que d'exactitude. « Ces expressions du corps qui répondent à quelque sentiment intellectuel sont toujours identiques ou parallèles à celles du langage, en ^orte que dans beaucoup de cas, cour lY^ydvsÂx^wxsfc
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passion dans le dessin du visage, il suffirait d'imiter direclement les figures du langage et les expressions naturelles par lesquelles la parole peint métaphoriquement cette passion^ » Par exemple, voulez-vous peindre le dégoût moral, imitez les signes extérieurs du dégoût physique. D'autre part, pourquoi qualifionsnous, par exemple, tel arbre de pleureur ^ et telle plante de modeste? En réalité, <r le saule pleureur ne pleure pas plus qu'un autre saule, et la violette n'est pas plus modeste que le pavot. » M. Ch. Lévêque, qui fait cette réflexion, a bien raison de dire qu'il y a dans ces expressions un symbolisme évident. Là, nous voyons les branches de l'arbre prendre l'attitude à laquelle se laisse aller le corps d'un homme abattu par la douleur. Ici, nous constatons que la fleur reste souvent couverte par les feuilles et se révèle par son parfum : nous pensons involontairement aux vertus cachées des personnes qui vivent dans la solitude et qui dédaignent de capter les regards du public. Nous ne voulons pas insister ici sur ce point qui sera mieux éclairci tout à l'heure. Mais nous croyons qu'on ne peut nous contester cette proposition, que le symbolisme dont est rempli notre angage a pour première origine le symbolisme par lequel notre propre corps exprime les états de l'àme à laquelle il est uni.
Pour plus de clarté, prenons l'une après l'autre les trois facultés principales de notre âme : nous verrons comment leurs manières d'être et leurs actes s'ex-