‹ L'Imagination Etude PsychologiqueChapitre 61 sur 81 · Gratiolct, De la j)1njsioiwmie^ p. oôl · texte numérisé non relu

Gratiolct, De la j)1njsioiwmie^ p. oôl

L'EXPRESSION DANS L'HOMiME. 197

priment toujours par le mélange de ces mouvements directs, sympathiques et symboliques dont nous venons de donner un aperçu.

1° Nous ne pouvons penser sans images. Or toute image provoque, si faiblement que ce soit, le mouvement habituel du sens qui Ta produite primitivement et de son organe. Ce n'est pas à dire que toutes nos idées se peignent sur notre physionomie : car le mouvement qu'elles supposent est le plus souvent tout interne, et le jeu des cellules cérébrales ne se manifeste pas au dehors. Mais le travail de combinaison que nous opérons sur ces idées, la pensée en un mot, exige le concours du corps entier. 11 faut d'abord que nul organe ne se livre à un travail assez intense pour troubler Torgane cérébral et augmenter ainsi les difficultés de l'attention. Mais comme le repos absolu est impossible, la plupart de nos organes règlent le rythme de leurs mouvements sur le rythme de la pensée.

Les idées se succèdent-elles dans notre esprit avec ordre et avec une rapidité suffisante, le corps prend l'attitude de l'attention facile; nos yeux s'ou vrent sans se dilater et sans que leurs muscles se contractent.

L'idée est-elle difficile à suivre, compliquée, obscure, l'œil regarde avec insistance dans le vide : il fait effort comme pour s'accommoder à un objei qui le fuit. Les doigts s'agitent comme pour lutter contre une difficulté matérielle ; ils la divisent, ils la broient, ils la contournent, ils la traversent de part en part. Enfin, quand la difficulté paraît vaincue^

198 L'IXAGIKATION.

r nous disons communément : J*y suis, m'yvoilà, et tout le corps prend en même temps une attitude de repos*. »

« Loi*sque T homme, dit Engel, développe ses idées sans obstacle, sa marche est plus libre ; quand la série des objets se présente difficilement à son esprit, son pas est plus lent. Lorsqu'un doute important s'élève soudain, il s'arrête tout court. De même, des idées disparates amènent une marche irrégulière. Quand on change d'idée, on change d'attitude. Si, par exemple, cherchant quelques faits intellectuels, un homme regarde en bas et ne trouve pas, ses yeux changeront de direction; il regardera en haut, etc.*. »

D'où vient enfin qu'une personne a la physionomie intelligente, sinon de ce que le travail de la pensée se peint habituellement dans son regard? plus encore, que tous les muscles de son visage, comme toutes les attitudes de son corps et toutes les nuances de sa voix, coopèrent à l'élaboration de ses idées!

2° Il n'est pas moins évident que nous ne pouvons vouloir sans être portés à agir, ou au moins sans nous préparer à l'action. Or, la préparation d'une action quelconque, c'est cette action même ébauchée. Ainsi, nous voulons congédier quelqu'un sans lui ménager l'expression de notre mépris ; nous faisons un geste répulsif qui semble le précipiter vivement hors de notre présence. C'est un geste qui n'aurait besoin que d'être complété et développé, s'il nous fallait en réalité chasser nous-mêmes l'individu. Le seul commen-

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