LES ARTS PLASTIQUES
vent inspirer l'architecte dans le choix des dimensions et des lignes qui s'offrent à lui avec leur expression propre et personnelle.
Au choix, au groupement, à l'ordonnance des lignes, le peintre ajoute le clair-obscur qui met certaines formes en relief et attire l'attention sur une partie spéciale de l'œuvre contemplée. Il ajoute aussi la couleur, forme diverse et ondoyante de la lumière, expression visible de la vie. La couleur dans la nature exprime l'action accumulée et concentrée de forces chimiques intenses, ou l'heureuse vivacité de la vie soit végétale soit animale, sous la double action et de la force intime de ces corps et du soleil. La couleur, avec ses mille variations, active, varie, multiplie les sensations de la vue qui sait y découvrir, par les gradations que l'art y ménage, des harmonies analogues aux harmonies des sons. Mais les lignes, les reliefs, le clairobscur et la couleur ne servent au peintre qu'à mieux représenter l'homme et la nature. Ici, s'ouvre à l'imagination de l'artiste une carrière indéfinie. Toutes les formes des choses, tous les horizons de la nature, tous les gestes, les mouvements, les attitudes, tous les traits de physionomie de la personne humaine, toutes les scènes de l'histoire et de la vie, tous les objets visibles qui ont occupé et charmé son imagination, qui ont fait naître en son âme une émotion dont il se plaît à se souvenir, il peut les reproduire en choisissant, comme il le veut, dans la réalité, ce qui lui parait le mieux répondre aux secrets désirs de son cœur.
Si le sculpteur n'a à sa disposition ni les horizons
•iia L'ISIAUINATION.
ni les (.'ouleufs, il n du moins, outre les attitudes et les [gestes, lu relief di-s lurmes. Il ne rend sans doute pas lus sentiments délicats, inliiiios, rugîtifs, que le pinceau peut esprimer par tntit de nuances, mais il n'en est que plus heureusement obligé de choiGÙr des furmes corporelles qui plaisent par la beauté de leur ensemble et dans lesquelles la vie, par une impression simple et rapide, fait sentir sa force ou sa grâce.
Enfin, le littérateur et le poêle n'ont à leur service que des mots. Le mot est, lui aussi, taillé dans le son, comme la note. 11 a pour origine plus ou moins lointaine un sou expressif. Mais te sens primitif en est presque toujours élargi, inodiQé, métamorpbosé même : car les conventions et l'usage l'ont lentement travaillé |)our l'adapter de mieux en mieux aux exigences de l'entendement. Ce n'est donc plus par la voie des sens que les mots peuvent émouvoir l'imagination, c'est plutôt par celle de l'intelligence; et il est aisé de voir ce qui en résulte : un affaiblissement de la partie sensilive de l'image au pro6t de sa partie inlelIcctudUe. Les mots sans doute s'adressent à l'oreille. Mais s'ils ne doivent pas la choquer, ils n'ont pas, du moins en général, à la cbarnier par des douceurs spéciales : la musique dans les vers et plus encore dans la prose, n'est qu'un agrément exceptionnel et dont il est bon, croyons-nous, de ne pas abuser. Le littérateur et le poète s'adresseront donc plus directement à l'esprit. Il faut dire seulement que si dans l'activité intellectuelle qu'ils excitent et dirigent, l'image et l'idée se mélangent comme il est inévitable qu'elles le fassent tuujours