CONCLUSION
Qu'on veuille bien maintenant y faire attention : toutes les conclusions que nous venons de développer sont autant de conséquences de la nature mixte de l'imagination telle que nous l'avons reconnue et analysée.
Nous vivons dans la nature et avec elle. Par nos sens toujours ouverts, elle nous remplit des images de ses phénomènes, et c'est parles sens, conséquemment par les images, que nous trouvons les jouissances, non pas les plus durables, mais les plus faciles et les plus promptes à saisir. Alors même que notre esprit veut satisfaire aux exigences qui lui sont propres, les sens viennent à tout instant mêler leurs désirs aux siens, et nous inclinons toujours à les satisfaire. Le besoin d'imaginer pour le seul plaisir d'imaginer n'a pas d'autre origine.
Mais la réciproque est vraie. L'activité de l'esprit, excitée par les images, tend à les grouper, à les combiner, à choisir parmi elles, à retrouver dans les en-
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seinblus qu'elle en compose l'expression de ses ïnTisi-
\}\en nianièrea d'être et de ses lois.
De iii, ce double aspect de rîmagination. Si les sens doQiiaent, les images se succèdent au gré de Tautomatiame cérébral ou des inlluenccs occultes qui gouvernent l'automatisme lui-même, k son insu. L'individu qui en est lii est sur le chemin dont les dernières étapes sont l'hallucination et la folie.
Si c'est l'esprit qui règne sur les images, sans vouloir ni en éteindre l'éclat ni en diminuer l'intensité, l'individu est sur la voie qui conduit à la création des œuvres d'art. Il ne dédaigne pas, sans aucun doute, ce bien-être physique que lui procure la sensation de l'harmonie dans les couleurs ou dans les sons. Il recueille ce plaisir et il en jouit : c'est la manifestation d'une activité qui le touche de bien près : son activité personnelle s'y intéresse donc et s'y engage, pour ainsi dire, mais elle la développe et la transfigure, simplement parce qu'elle se l'associe et la fait de plus en plus sienne, en se la subordonnant et en la faisant servir à ses Tins.
Le commun des hommes esta peu près iimi-cbcmin de ces deux extrémités.
Ils savent trouver un sens et une beauté aux scènes les plus appareilles de la nature ; ils s'intéressent aux œuvres d'art, pourvu qu'elles ne leur demandent point d'efforts d'attention trop laborieux, qu'elles ne leur fassent point payer par trop d'études le plaisir des yeux et des oreilles. Ils aiment le bruit, l'éclat, le mouvement; ils prennent volontiers pour un travail d'imagination, dqpt ils s'attribuent tout le mérite e\