‹ L'ImaginationChapitre 10 sur 110 · Ibid., p. 2aV · texte numérisé non relu

Ibid., p. 2aV

n'TROnUCTIO

qu'elle ait été envisagée d'abord de ce point de vue cl qu'elle ait été appelée une « maîtresse d'erreur et de fausseté » ; la marque de l'invention est en effet plus visible dans l'erreur que dans la vérité. En fait, l'imagination est présente dans toutes les démarches, dans toutes les opérations de l'esprit, dans les plus légitimes comme dans les moins fondées, dans les plus élémentaires et les plus humbles comme dans les plus élevées. Le génie poind déjà dans la perception sensible (Séailles) ; son origine remonte plus haut encore, s'il faut admettre une création subliminale (Flolrînoy). L'imagination est donc mêlée à toutes les fonctions psychiques, ou mieux, elle est l'ensemble de ces fonclions conçues dans la fécondité de leurs développements, dans la complexité de leurs combinaisons réelles et possibles.

Il est vrai qu'il peut paraître suffisant de découvrir les lois qui président à toutes les constructions Imaginatives (lois de l'association des idées), mais ces lois, outre qu'elles sont trop abstraites, et qu'on n'en peut pas même déduire le détail des grands types imaginatifs (esthétique, scientifique, etc.), sont ellesmêmes dérivées et peuvent être conçues comme les lois d'un mécanisme qui joue au service du sentiment et de la volonté.

Si l'imagination est une force qui meut et dirige '<^ masse énorme des faits psychiques, elle ne laisse pas d'être elle-même actionnée et mise en mouvement par d'autres forces dont le total forme ce qu'on appelle le tempérament ou le caractère. Elle doit elle-même être conçue comme affective et motrice et non simplement représentative. Autrement dit, elle est une forme

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(le la \()l(tnl('\ I.c caractère niDleur de liinagination ressort avec une netteté particulière dans riiallucination, la sn^'-gestion, le vertige et autres laits pathologiques, qui furent pendant longteni[)s à la fois l'objet d'une attention avide chez le vulgaire et dun d(''dain systénrialiquc chez les savants, en raison de leur caractère mvslérieux et troublant. Le progrès a consisté à relier les faits normaux aux faits morbides, à retrouver les traces de l'impulsion motrice dans les faits élevés aussi bien qu'élémentaires de l'imagination, à conce- Noir la volonté comme s'apj)liquant aux pensées aussi bien qu'aux actes, et l'imagination comme suscitant les croyances aussi bien que les mouvements.

L'imagination, telle qu'on vient de la définir, est si vaste qu'on a peine à en saisir tous les aspects, à l'embrasser en entier et d'une seule vue ; aussi les monographies si nombreuses, qu'on y a consacrées, aurontelles toujours, sans en excepter la présente, un défaut : celui de rester d'abord au-dessous de la curiosité qui s'attache au sujet traité et ensuite de tromper à peu près immanquablement l'attente particulière du lecteur. Les côtés sous lesquels on présente la question de rimagination doivent en elTet toujours paraître arbitrairement choisis; sacrifie-t-on le merveilleux au normal;* les théories au fait:* ou le contraire? Il ) aura, dans tous les cas, des esprits pour regretter le mode d'exposition suivi, et non sans raison.

L'im[)ortant après tout est d'adopter un ordre, de laisser leur valeur relative aux questions traitées, d'en respecter l'équilibre et de n'omet lie rien d'essentiel. C'est à quoi nous avons visé.

Notre plan est le suivant.

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