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I. niAGINATION ET LES SENS l

lions dans Ipsgnpllos oIIps so fnrn^p.nt^ autrement dit, ne sont pas seulement les éléments constituants, mais les causes occasionnelles des imagées.

Tout d'abord il faut tenir compte de ce que Taine appelle « le voisinage immédiat de la sensation » et de rimage. L'image rejoint la sensation de deux manières : elle en est l'anticipation ou lejrolongement. L'image par laquelle la sensation se prolonge a paru si importante qu'on lui a donné un nom spécial, celui ({''image consécutive Cafter -sensation, cf., en français, arrière-goût^. Mais celle qui devance la sensation (disons la présensation comme on dit le présstentiment) n'est ni moins remarquable ni moins fréquente. Toutes les deux ont ce caractère commun de se fondre avec la sensation et de n'en pouvoir être que malaisément distinguées.

Aussi peut-on contester le droit de les appeler des images. Elles sont des faits limitrophes, particulièrement instructifs, éclairant le problème de l'origine des images, montrant leur étroite parenté avec les sensations ; elles sont des sensations mêlées d'images; elles ne sont pas des images proprement dites. Ainsi les images consécutives de la vue ont beau, en certains cas, différer légèrement des sensations, être par exemple des images colorées faisant suite à des images objectives incolores, elles ont beau même se produire, assez longtemps parfois, après les sensations (c'est Je cas de Pouchet qui voyait, a en se promenant dans Paris, les images de ses préparations au microscope se superposer aux objets extérieurs », — c'est le cas des 065^55/0^15 musicales, verbales, etc.), elles sont soit trop contiguës, soit trop semblables aux

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sensations pour mériter le nom d'images, si l'image est autre chose qu'une simple reproduction de la sensation ou souvenir, si elle est une invention de Tesprit suggérée par la sensation.

Le voisinage troj2 immédiat de la sensation et de rimage produit donc Fempiétement de Tune sur Fautrp, ou la coalcsccncc des deux. La réalité trop présente exclut le rêve. Il fant im certain recul, un certain éloignement dans le temps et dans l'espace pour que les objets réels perdent leur caractère sensible, se translorment dans notre esprit, revêtent la forme d^ images.

Mais le niotimagc a deux sens : il désigne un fajt d^inventiop et un phénomène de croyance. Plus simplement, rimage a deuj^ caractères : laj^lMHM^ ^^ ri.ntensijé. Si le voisinage des sensations tient en échec ou K'd II i t l'imagination entendue comme le pouvoir créateurde l'esprit, en revanche elle contribue à accroître la foi que l'esprit a naturellement en ses propres conceptions, et elle donne à celles-ci plus d'intensité et de relief. D'autre part, la sensation immédiate ou prochaine n'absorbe pas toujours et nécessairement l'esprit tout entier, elle peut laisser le champ libre aux images, bien mieux en provoquer l'apparition, en déterminer les formes, en diriger le cours.

Même la sensation est toujours à quelque deyré suggestive d'images. Mais deux cas se présentent : ou la sensation ne suggère que les images, qui en sont le com])lément naturel, qui y ont été toujours et ii< ( ( »>airement asso» i(i'^ dans les expériences antérieures, et il y a alors perception ; ou ellf> des images ol (]r< ^i >ii\ enirsde tout ordre, sans rappoiu

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